Brigitte Benkemoun

  • Il était resté glissé dans la poche intérieure du vieil étui en cuir acheté sur Internet. Un tout petit répertoire, comme ceux vendus avec les recharges annuelles des agendas, daté de 1951.
    A : Aragon. B : Breton, Brassaï, Braque, Balthus... J'ai feuilleté avec sidération ces pages un peu jaunies. C : Cocteau, Chagall... E : Éluard... G : Giacometti... À chaque fois, leur numéro de téléphone, souvent une adresse. L : Lacan...
    P : Ponge, Poulenc... Vingt pages où s'alignent les plus grands artistes de l'après-guerre. Qui pouvait bien connaître et frayer parmi ces génies du xxe siècle ?
    Il m'a fallu trois mois pour savoir que j'avais en main le carnet de Dora Maar.
    Il m'a fallu deux ans pour faire parler ce répertoire, comprendre la place de chacun dans sa vie et son carnet d'adresses, et approcher le mystère et les secrets de la « femme qui pleure ». Dora Maar, la grande photographe qui se donne à Picasso, puis, détruite par la passion, la peintre recluse qui s'abandonne à Dieu. Et dans son sillage, renaît un Paris où les amis s'appellent Balthus, Éluard, Leiris ou Noailles.
      B.B.

  • « J'ai longtemps pensé que l'Algérie n'était pas mon histoire. Je suis pourtant née à Oran en 1959 et je suis l'une de ces milliers d'enfants rapatriés en 1962. Comme beaucoup, mes parents avaient tourné la page sans nostalgie, mais je rejetais même le peu qu'ils disaient d'eux. On n'est pas pied-noir quand on a 17 ans.
    « Et puis, un jour, je suis tombée sur un journal qui commémorait les 40 ans des accords d'Evian, avec une photo en noir et blanc à la une : une petite fille sur la passerelle d'un paquebot. Marseille, juillet 1962. Et j'ai pleuré, toute seule, le journal entre les mains.
    Je me alors suis lancée dans une sorte d'enquête pour essayer de reconstituer cette histoire à hauteur d'enfant. Voici le journal d'un passé recomposé, d'une quête qui m'a menée jusqu'en Algérie, d'une mémoire qui s'est cherché des souvenirs chez les miens et les autres, pour comprendre ce qui "nous" est arrivé et retrouver enfin la petite fille sur la photo. »   Postface inédite     Brigitte Benkemoun a été rédactrice en chef de l'émission Mots croisés sur France 2, chef des informations sur France Inter et longtemps journaliste à Europe1.

    1 autre édition :

  • L'histoire commence quand l'auteur retrouve la trace de son arrière-grand-oncle Albert sur les stèles du mémorial de la Shoah. Mais pourquoi Albert Achache a-t-il changé de nom ? Pourquoi s'appelle-t-il Achache-Roux ?

    Alors, loin des certitudes et des légendes familiales qu'on se passe d'une génération l'autre, de l'Algérie française à la diaspora juive, l'auteur découvre la viecincroyablement audacieuse de cet homme qu'elle a toujours aimé, sans le connaître.

    Qui est vraiment « oncle Albert » ? Est-il un ambitieux né dans l'Algérie de la colonisation et parti à l'assaut de la Riviera ? Un charmeur aux allures ambiguës dans la France des années folles ?

    De Tlemcen à Auschwitz, Brigitte Benkemoun reconstitue la trajectoire mystérieuse d'un enfant du siècle, ébloui par la France, la République et le progrès. Et le destin de ce jeune juif, au-delà de la tragédie personnelle, nous émeut. Oncle Albert, si différent, c'est chacun d'entre nous.

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