Autrement

  • Les femmes sont majoritaires à apprendre la musique dans les écoles et les conservatoires, nombreuses parmi les musiciens amateurs et les enseignants. En revanche, les métiers de l'interprétation sont parmi les moins féminisés.
    Comment et depuis quand les femmes ont-elles conquis les métiers de la musique ? Et au prix de quelles difficultés ? Quelle place se font-elles aujourd'hui dans cet art du spectacle et des univers de scène pour certains très « masculins » ?
    Sociologue et musicienne, Hyacinthe Ravet souligne combien la définition de ce qui est « masculin » et « féminin » contribue à la construction des trajectoires en musique, à une répartition des rôles entre hommes et femmes mouvante mais où demeurent de forts enjeux symboliques et de pouvoir. Les femmes peuvent-elles être reconnues comme créatrices au même titre que les hommes ? En un récit d'enquête à la fois sérieux et haletant, mêlant investigations historiques, état des lieux chiffré et entretiens approfondis, l'auteur montre que la musique - omniprésente dans notre société - nous dit beaucoup de nos espoirs et de nos résistances à l'égard d'une « parité » en tout domaine et à tous les niveaux.

  • Les danses dites latines sont nées de croisement incessant des cultures africaine, américaine, et européenne. La samba est brésilien, mais croit toujours à ses ancêtres brésilens. Le tango de Rio de la Plata vit depuis longtemps une histoire d'amour avec l'Europe. La salsa, originaire des Caraïbes, s'est forgée dans les faubourgs latinos de New York. Sans oublier la rumba, le mamabo, le cha-cha-cha, le forro, la capoeira. Souvent amalgamés ou méconnue, aux plus populaires d'entre elles -le tango ou la salsa-, ces danses gagnent à être (re)découvertes au fil de leurs voyages, leurs histoires, leurs croyances. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

  • Arcadie fut le premier mouvement homosexuel en France, le plus important en nombre, en longévité...
    Et même un pionnier! Fortement contestée dans les années 1970 avec l'émergence d'une culture radicale du coming out, l'association Arcadie fut dès lors reléguée aux oubliettes. On n'en parlait plus guère ou alors pour s'en moquer, ou pour fustiger une culture du "placard" prude et désuète. On y voyait une préhistoire un peu honteuse de la culture gaie et lesbienne. Cette lecture n'est-elle pas réductrice? En défrichant les archives du mouvement, en recueillant des témoignages et notamment celui du fondateur André Baudry, aujourd'hui "réfugié" en Italie, l'historien travaille à replacer ce combat dans le contexte social de la France de l'après-guerre jusqu'à la dépénalisation de l'homosexualité, au début des années 1980.
    Le texte, savoureux et rigoureux, restitue ainsi la vie des homosexuels de cette époque. On y croise, à Paris et en province, des figures étonnantes, intellos ou populaires, anonymes ou célèbres, comme Jean Cocteau ou Michel Foucault. Arcadie défendait la respectabilité des couples "homophiles" et représentait un refuge pour une population semi-clandestine. Elle a constitué une "culture homosexuelle", a inspiré la dépénalisation de l'homosexualité, défendait la vie en couple et l'adoption...
    C'est le combat d'une génération qui entre étrangement en résonance avec les combats d'aujourd'hui sur le mariage et l'homoparentalité. Dès lors, ces homosexuels étaient-ils d'affreux conventionnels ou des avant-gardistes méconnus?

  • Faut-il faire son deuil ? Perdre un être cher et vivre Plus de 550 000 personnes décèdent chaque année en France, laissant les proches abattus par un immense chagrin. Alors que la mort a été écartée du quotidien et se retrouve en partie dissimulée, le deuil est devenu pour chacun un « travail », à « faire » dans un délai prescrit. Les endeuillés sont enjoints d'effacer leur souffrance et de « refaire leur vie ». Or ils manifestent tous le besoin de vivre avec l'absence et de construire le souvenir des morts. Les récits bouleversants d'humanité de ceux qui ont perdu un frère, un conjoint, un enfant, un parent en témoignent. Mais le deuil lui-même a changé de nature avec le remplacement progressif du discours religieux et de ses croyances par celui de la médecine, de ses conquêtes et du fantasme d'immortalité qu'elle véhicule. Aujourd'hui, le deuil périnatal, le deuil d'un enfant - dont la mort est toujours scandaleuse - les deuils à répétition de l'épidémie du sida et même le deuil de ses propres parents au terme d'une vie de plus en plus longue constituent des réalités inacceptables. L'évolution profonde de notre rapport à la mémoire, au corps et à la mort en Occident pose désormais la question du sens à donner au deuil d'un être proche. C'est autour de cette question et de la place laissée à la mort, aux cérémonies funèbres et au deuil des survivants que Pascal Dreyer a invité à réfléchir des spécialistes - sociologues, psychologues, anthropologues, théologien, philosophe, artiste, professionnels des services funéraires, professionnels de santé - et des endeuillés qu'il a accompagnés dans leur quête de sens.

  • Que signifie être une petite fille au sein de nos sociétés occidentales contemporaines? comment apprend-on à devenir fille et quelle fille doit-on exactement être à une époque et dans un type de société oú les rites de passage semblent avoir disparu? qu'est-ce qui fait grandir les filles, à l'heure de la culture, de la communication et de la consommation de masse? réfutant souvent l'appellation de "petites filles", féminisées de plus en plus tôt, les filles dont il est question dans ce livre sont souvent désignées sous le terme de "préadolescentes".
    Elles ont entre 9 et 11 ans, et cet ouvrage les saisit juste avant leur entrée au collège. l'auteure explicite bien sûr le rôle joué par le monde des adultes (parents, enseignants, industries culturelles) comme prescripteurs. cependant, l'ouvrage montre surtout comment se réalise l'appartenance de sexe dans les moments de loisirs oú les petites filles se retrouvent entre elles, que ce soit dans la cour de récréation, chez elles ou lors des activités sportives.
    Il montre notamment comment la passion des petites filles pour l'univers de la musique, de l'image et des stars tient une place centrale dans leur quotidien. avec une approche ethnologique, ce livre esquisse le portrait kaléidoscopique de la petite fille occidentale d'aujourd'hui, quelque part entre la comtesse de ségur et nabokov.


  • le monde qui nous entoure est tout entier obsédé par l'imaginaire du couple hétérosexuel.
    les contes de l'enfance, les magazines des adultes, le cinéma et la télévision, la publicité et les chansons populaires, tout célèbre à l'envi le couple de l'homme et de la femme. c'est un empire invisible, la nature la plus "naturelle". or, louis-georges tin montre que les sociétés humaines n'ont pas toujours accordé au couple homme-femme cette place éminente dans les représentations culturelles. en occident, cet état de fait n'a commencé qu'à partir du xiie siècle, avec le développement de l'amour courtois ; et les groupes dominants, le clergé, la noblesse, puis le corps médical, n'ont cessé de développer des stratégies de résistance pour s'y opposer.
    avant de devenir la norme, le couple homme-femme a donc été très longtemps contesté. en définitive, l'auteur nous invite à accomplir une véritable révolution : sortir l'hétérosexualité de l'ordre de la nature" et la faire entrer dans l'ordre du temps", c'est-à-dire dans l'histoire. une histoire de l'hétérosexualité ! a côté de l'histoire des femmes et de l'histoire de la sexualité, louis-georges tin propose ainsi à la recherche universitaire un champ nouveau.


  • Confier son enfant. Son trésor, son bien le plus précieux. Accepter qu'une autre femme passe la majeure partie de sa journée avec lui, le nourrisse, le soigne, l'éduque, le cajole. Voilà l'un des plus grands défis que les jeunes parents (et en particulier les mamans) ont à relever.
    1. Une première partie historique rappelle comment on est passé de la nourrice « nourricière » à la nounou, puis à l'assistante maternelle : une professionnalisation grandissante.
    2. Ce chapitre aborde la définition du métier, les différences entre les différents modes de garde, la perception que les parents comme les assistantes maternelles se font de l'accueil des jeunes enfants.
    3. Dans un chapitre intitulé « l'alliance obligée », les auteures s'attachent à décortiquer ce lien si particulier entre enfant, assistante maternelle et parents. La question du choix est centrale, tout comme celle de la confiance.
    4. Une analyse des évolutions du métier : de l'agrément à la formation, en passant par la collaboration avec d'autres professionnelles.
    5. De l'accueil individuel à l'accueil collectif : les micro-crèches et autres jardins d'éveil réinventent le métier.

  • Ils sont plus de 500 000 en France aujourd'hui, soit en moyenne un écolier orphelin par classe.
    Souvent confondus avec les enfants abandonnés ou adoptés, ces enfants et ces jeunes qui ont perdu un de leurs parents, ou les deux à la fois, n'apparaissent dans aucune statistique. Les singularités de leurs parcours restent méconnues. Ils forment une communauté invisible, marquée par un fort sentiment d'isolement, d'illégitimité, parfois de honte. A en croire Serge Moati, devenu lui-même orphelin à l'âge de 10 ans : "Ce n'est jamais fini, abouti.
    Un orphelin ne peut pas se sentir légitime." Plaidoyer pour sortir les orphelins de l'ombre, cet ouvrage réunit des contributions d'historiens, de psychologues, de médecins, de sociologues et de personnalités publiques. Appuyé sur des témoignages souvent poignants, il restitue avec sensibilité la manière dont un enfant vit la perte d'un parent, et propose des clés pour l'accompagner au mieux dans son deuil, l'aider à grandir et à se construire.

  • D'abord activité élitiste de quelques érudits, la généalogie est en passe de devenir depuis les années 1990 l'un des loisirs les plus populaires, les plus courus.
    Même si de nombreux pays, anglo-saxons par exemple, s'intéressent aussi à leurs origines familiales, le phénomène prend en france tant d'ampleur que l'on peut parler d'une véritable "passion française". comment l'expliquer ? cette passion s'apparente-t-elle à une recherche de racines par une société urbaine et mobile, sans repères ? a une quête identitaire dans un pays en mutation ? a l'appropriation populaire des archives et de l'histoire, domaines autrefois réservés aux élites ? a une reconstruction familiale symbolique mais nécessaire pour des familles souvent éclatées ou dispersées ? a une nouvelle façon, très "tendance", de soigner son ego ou de guérir ses névroses ? s'agit-il simplement d'un passe-temps valorisant pour une génération gagnée à la culture et aux loisirs ? l'ouvrage tente de répondre à ces questions avec l'appui des principaux acteurs de cet univers : des historiens, sociologues ou psychologues, des journalistes et directeurs de revues spécialisées, le responsable de la bibliothèque généalogique et bien sûr des généalogistes professionnels et amateurs.
    Zoom sur une passion.

  • Les livres pour les enfants doivent-ils aider à grandir dans le monde tel qu'il est ou faire rêver à des univers merveilleux? Doivent-ils prendre le parti de la gaieté des moments ritualisés du quotidien ou doivent-ils mettre l'enfant face aux dures réalités de la vie ? Doivent-ils d'ailleurs servir à quelque chose? Certains seraient-ils dangereux et d'autres bénéfiques ? Y a-t-il une spécificité de la littérature pour les enfants? Parents, auteurs, bibliothécaires, éditeurs : tous les adultes qui destinent des histoires aux enfants en débattent interminablement.
    Romancière, directrice de collection, traductrice, lectrice... Marie Saint-Dizier est actrice et témoin direct de l'histoire récente de l'édition jeunesse. Mais c'est en tant qu'amoureuse du pouvoir fascinant des histoires qu'elle nous propose sa vision des livres pour les enfants. Avec beaucoup d'humour, elle raconte ses premières émotions de lectrice, ses rencontres hautes en couleur, de Quentin Blake à Alice au pays des merveilles, de Roald Dahl aux Trois Mousquetaires...
    Transmettre des histoires aux enfants est certes une affaire d'éducation, d'amour. C'est surtout la recherche fragile d'une rencontre.

  • La question du handicap est entrée dans une ère nouvelle : celle de la citoyenneté démocratique. Elle est désormais étroitement liée à la reconnaissance des droits de tout être humain, quelles que soient ses caractéristiques, dans un cadre de vie destiné à tous. Pourtant, les choses évoluent lentement. Quatre ans ont passé depuis la loi du 11 février 2005 « pour l égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » et les enfants comme les adultes handicapés n ont pas accès à l école, à l emploi à égalité avec les autres Français. État des lieux.

  • Le goût pour le sucre nous rappelle, dit-on, la douce saveur du lait maternel.
    Saveur que l'on déguste avec délices sous multiples formes. En morceaux ou en poudre, blanc ou roux, candy ou cristallisé, le sucre est synonyme de dessert, de plaisir, de gourmandise, d'enfance... Chaque jour, il est utilisé à la maison ou par le pâtissier et l'industriel en raison de ses propriétés indispensables à la texture, la coloration et la conservation des mets. Or sa consommation est malmenée par le discours social et les médias, et le gourmand se sent tiraillé entre désir et interdit.
    Pourtant, il fut un temps où le sucre était un aliment idéalisé. L'histoire de sa production et de sa consommation est à la mesure des débats qu'il suscite aujourd'hui. Outre la mise en perspective historique, ce livre revient avec vigilance sur la question de l'addiction. Médecins, nutritionnistes et diététiciens n'hésitent pas à remettre en cause les idées reçues dans le domaine de la diététique et notamment les prescriptions délivrées aux patients souffrant de surcharge pondérale ou de diabète.
    Si alimentation rime avec nutrition, le plaisir ne doit toutefois pas être oublié ! Pierre Hermé nous fera ainsi découvrir les clés du travail de l'artiste imaginant et construisant un univers de nouvelles alliances et de saveurs. C'est donc à un délicieux voyage dans l'univers du sucre et du sucré que nous invite ce livre.

  • C'était au début des années soixante, quand je découvrais avec jubilation le ballon rond.
    Souvent la balle tombait à l'eau et je l'imaginais dériver de fleuves en océans, des bords de la mersey au stade bernabeu de madrid, du rio de la plata au maracana de rio, oú se produisaient bobby charlton, le divin chauve alfredo di stefano, omar sivori l'argentin, et le fantasque garrincha. je ne m'imaginais même pas l'un d'eux, mais simplement spectateur-acteur en ces lieux magiques oú le ballon devenait enchantement.

    Plus tard, à la lecture de borges, aux images des favelas et du sertao que j'allais découvrir à travers le " cinema novo " ou en écoutant, ému, la rhapsodie hongroise, je comprenais que, bien plus qu'une discipline sportive, le foot participait d'un art de vivre. et que, des multiples expressions artistiques qui fondent un pays (littérature, musique, danse, cinéma, etc. ), le football, à travers un style, un rythme, une chorégraphie particulière, reflète aussi la foule des sentiments, aspirations, joies, ressentiments et frustrations d'une communauté ou d'un peuple.


    Il était une fois le foot. comme une invitation au voyage à travers le temps et l'espace, à la découverte des styles, des histoires, des passions et des hommes.
    Sous la plume d'un guide-conteur inspiré, amoureux, les aventures humaines et les beautés secrètes du " plus grand des arts populaires ".

  • Une société dont le prince est un bébé.
    La science, les média, les parents... tous se penchent sur le bébé qui n'est pas seulement devenu une personne, mais un objet convoité de la recherche la plus en pointe. Finie la période où l'on considérait le nourrisson comme un tube digestif. Désormais, c'est un partenaire à part entière dont on guette chaque réaction. Un tel engouement ne manque pas d'être paradoxal. Le désir d'enfant demeure toujours aussi fort, alors que la courbe démographique ne cesse de s'infléchir.
    Mais ce désir évolue : on veut souvent un enfant parfait, programmé et suivi, grâce aux techniques sophistiquées qui, depuis une dizaine d'années, ont fait un bond absolument sans précédent. L'échec n'est plus acceptable quand le savoir est si présent et les normes d'éducation si précises. Autour d'une équipe internationale de scientifiques, de pédiatres, de psychanalystes, cet ouvrage d'Autrement fait un point complet et accessible des connaissances sur le bébé : naissances médicalement assistées, psychanalyse du nourrisson, éveil langagier, mais aussi la mode des tout-petits, la maternité des stars ou les enjeux de la politique familiale.
    Tout sur la science nouvelle qu'on appellera la " bébologie " ; tout sur ce qui motive les avancées extraordinaires de la recherche en ce domaine ; tout enfin sur cette idéalisation du petit qu'on désignera comme " bébolâtrie ". Sa majesté le bébé. En sommes-nous les fidèles sujets ?

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