Bandes dessinées / Comics / Mangas

  • Le nom de Frantz Fanon (1925-1961), écrivain, psychiatre et penseur révolutionnaire martiniquais, est indissociable de la guerre d'indépendance algérienne et des luttes anticoloniales du XXe siècle. Mais qui était vraiment cet homme au destin fulgurant ?
    Nous le découvrons ici à Rome, en août 1961, lors de sa légendaire et mystérieuse rencontre avec Jean-Paul Sartre, qui a accepté de préfacer Les Damnés de la terre, son explosif essai à valeur de manifeste anticolonialiste. Ces trois jours sont d'une intensité dramatique toute particulière : alors que les pays africains accèdent souvent douloureusement à l'indépendance et que se joue le sort de l'Algérie, Fanon, gravement malade, raconte sa vie et ses combats, déplie ses idées, porte la contradiction au célèbre philosophe, accompagné de Simone de Beauvoir et de Claude Lanzmann. Fanon et Sartre, c'est la rencontre de deux géants, de deux mondes, de deux couleurs de peau, de deux formes d'engagement. Mais la vérité de l'un est-elle exactement celle de l'autre, sur fond d'amitié et de trahison possible ?
    Ce roman graphique se donne à lire non seulement comme la biographie intellectuelle et politique de Frantz Fanon mais aussi comme une introduction originale à son oeuvre, plus actuelle et décisive que jamais.

  • Pour promouvoir une certaine identité nationale, les historiens d'antan n'ont cessé d'héroïser « nos ancêtres les Gaulois ». Cet album ébouriffant, qui raconte la vie des Gaules sous domination romaine au cours des cinq premiers siècles de notre ère, rompt avec ces récits mythologiques. Plongeant le lecteur dans le quotidien des Gaulois (romanisés) et dans l'intimité des notables (avinés), il démonte avec humour le mythe des Gaules résistantes et de l'exception culturelle « gallo-romaine ». Reste que la « Paix romaine » n'est pas douce pour tout le monde. Le martyre des premiers chrétiens en témoigne. Ils mirent des siècles à imposer leur dieu, au grand dam de Taranis et d'Épona, divinités gauloises au caractère trempé, qui guident nos pas dans cette époque tumultueuse.

  • Jeanne d'Arc, Molière, Marie Curie, l'historien Jules Michelet et le général républicain Alexandre Dumas dérobent sur l'île d'Yeu le cercueil du maréchal Pétain. Commence alors une folle équipée à travers le territoire national. Passant par les hauts lieux de l'histoire de France, leur voyage est aussi une interrogation sur ses origines.
    À ceux qui prétendent que la France daterait des Gaulois, des colonies grecques, de la conquête romaine ou du baptême de Clovis, nos illustres personnages suggèrent joyeusement de regarder le paysage d'un peu plus haut. Brillant d'intelligence et d'humour, ce livre de bande dessinée est aussi une réflexion sur le pouvoir des images qui, depuis si longtemps, accompagnent en France le récit de la nation.
    Les vingt volumes de la collection Histoire dessinée de la France proposent une relecture originale et décapante du récit national, en associant les meilleurs historiens français aux plus talentueux auteurs de bande dessinée.

  • Des premiers temps du Moyen Âge, on ne retient souvent que l'idée vague de grandes « invasions barbares ». Si les tribus germaniques se sont effectivement regroupées sous de nouveaux noms (Francs, Goths, Alamans) pour affronter l'Empire romain, ces mouvements de populations bouleversent surtout la répartition des forces en Occident. S'ouvre une période de réformes juridiques et d'échanges commerciaux fructueux. Pour éclairer ces quatre siècles mouvementés, les historiens Augustin Thierry et Gustaf Kossinna mènent l'enquête auprès des grandes personnalités historiques de l'époque. Politiquement incorrecte et délicieusement critique, cette enquête savante et récréative fait exploser les mythes solidement ancrés dans nos esprits depuis notre tendre enfance...

  • Et si les guerres de Religion n'étaient pas si lointaines ? Si elles étaient au contraire d'une brûlante actualité ? Attentats, massacres, radicalisations religieuses, guerres civiles... Notre époque regorge de violences commises au nom de Dieu. Elle partage avec la fin du XVIe siècle une fiévreuse angoisse, encore redoublée par la révolution médiatique. Face au danger, le passé cogne à la porte : des revenants, survivants du massacre de la Saint-Barthélemy, réclament ici justice. Il faut rouvrir l'enquête, greffer un nouveau visage aux guerres de Religion. Aidés d'un caméraman amateur, les spectres vont revenir sur les lieux pour y remuer la poussière du temps, traquer les témoins, fouiller les archives à la recherche du sens perdu de ces cinquante ans de guerres civiles. Ils vont refaire le film.

  • Bienvenue dans le beau XVIe siècle ! Celui de François Ier, de Rabelais, de Léonard de Vinci. Celui pour lequel on parle habituellement de Renaissance. Renaissance, vous avez dit Renaissance ? Les historiens Jules Michelet et Jacob Burckhardt, revenus du passé, défendent âprement le mot, qu'ils ont inventé. D'autres sont plus circonspects. N'y avait-il pas encore à cette époque tant de guerres et tant de misères ? La Réforme voulue par Luther et Calvin n'était-elle pas déjà sévèrement combattue ? Oui, mais les arts, les lettres, les sciences ! La redécouverte de l'Antiquité ! L'État moderne ! L'individu ! L'exploration du Nouveau Monde ! Drôle et tendre à la fois, ce récit proche des gens du XVIe siècle nous invite à comprendre ce que fut - et ne fut pas - la Renaissance.

  • Sacré Charlemagne ! Son aura a traversé les siècles et son influence a profondément marqué la géographie, les modèles de pouvoir et la littérature de toute l'Europe. Icône du pouvoir et parangon de toute souveraineté à partir du Moyen Âge, l'empereur joue un rôle essentiel pour toute la dynastie carolingienne, du VIIIe au Xe siècle. Qui est le véritable Charlemagne, parmi les différentes images que les artistes et les rois ont données de lui à travers les siècles ? Pour le découvrir, deux collégiens, Carl et Bertille, voyagent depuis le Louvre jusqu'à Aix-la-Chapelle. Ils croisent guerriers et paysans, princesses et boulangers, Louis XIV, Napoléon III et Charles de Gaulle, avant de terminer leur aventure en échappant de peu aux vikings qui lancent leurs attaques contre l'empire.

  • Lucile Lapierre, jeune interne en médecine en proie à un sentiment maladif d'illégitimité, est affectée un peu par hasard à une unité pour malades difficiles d'un hôpital psychiatrique. Dans ce récit initiatique inspiré de son expérience personnelle, Claire Le Men dresse un portrait juste et drôle de l'institution psychiatrique et des personnages qui la peuplent. Ce faisant, elle fait voler en éclat nos présupposés sur la folie.

  • Avec ses chevaliers, ses troubadours et ses monstres étonnants, la société féodale des Xe-XIIe siècles présente un visage à la fois étrange et familier. Époque chaotique ? Nullement, constatent les auteurs, qui consultent princes et princesses, seigneurs et paysans, moines et abbés pour comprendre ces temps trop mal connus. Ils découvrent alors une société très ordonnée. Tandis que l'Église lance sa plus grande réforme depuis l'Antiquité, les monastères se multiplient comme des petits pains. Pendant que les hommes de guerre se retrouvent sur les champs de bataille, sur la route de Jérusalem et dans leurs douillets châteaux, les paysans triment, harassés de corvées et de taxes en tous genres. Et les femmes ? Ce sont les hommes d'Église, très bien renseignés, qui en parlent le plus...

  • Famines, guerres, épidémies : la Mort s'est bien amusée entre le XIIIe et le XVe siècle ! C'est donc à elle que les auteurs de ce volume ont confié le récit de cette époque sanglante. Déambulant à travers Saint-Denis, où sont enterrés Philippe le Bel et Bertrand du Guesclin, la Grande Faucheuse raconte avec délectation comment elle ramassa par millions les cadavres laissés par la peste noire et la guerre de Cent Ans. Amatrice de décès en tous genres, elle n'oublie évidemment ni le supplice crépitant de Jeanne d'Arc à Rouen ni les batailles intestines qui déchirèrent les familles royales. Sans se départir de son humour tranchant, notre guide raconte finalement comment une première idée de nation émergea en France de ces féroces affrontements.

  • Et si on partait en pèlerinage ? Deux passionnés des croisades - et de Game of Thrones - se retrouvent à prendre la route pour revivre l'expérience des pèlerins des XIIe et XIIIe siècles. Au cours de leur voyage initiatique, non pas à la recherche du Graal mais sur les traces des croisés, ils traversent les siècles et multiplient les rencontres insolites. Moine voleur de reliques, marchands, laboureurs, chevaliers, inquisiteurs et hérétiques : tous témoignent des conditions de vie et des croyances de leur temps. De Londres à Toulouse, en passant par la Champagne, Vézelay, Tunis et Palerme, nos deux pèlerins se jouent de la chronologie pour mieux plonger au coeur de cette période charnière du Moyen Âge où peu à peu prend forme le royaume de France.

  • Pour les besoins de l'histoire, les revoilà ! César, Cicéron, le philosophe grec Poséidonios d'Apamée et le druide Diviciac racontent la Gaule qu'ils ont connue. Chacun livre sa propre version. Au fil des discussions et des débats qui enflamment ces personnages historiques, on découvre tout ce que notre époque doit aux Gaulois : le tonneau, le pantalon, la capuche, le dentifrice, le savon...
    On s'interroge surtout sur ce que fut la Gaule. Quelles étaient ses frontières ? Une guerre des Gaules a-t-elle vraiment eu lieu ? Enfin, on s'arrête sur cette question si polémique : de qui les Gaulois sont-ils les ancêtres ? Un voyage dans le temps et dans l'espace, parfois mouvementé, parfois bucolique, toujours drôle, qui explique et corrige nos idées reçues.
    Les vingt volumes de la collection Histoire dessinée de la France proposent une relecture originale et décapante du récit national, en associant les meilleurs historiens français aux plus talentueux auteurs de bande dessinée.

  • On connaît l'histoire de ce livre devenu classique. En 1977, l'historien Rémy Cazals retrouve, grâce à l'un de ses élèves, les 19 cahiers d'écoliers - soit 1 732 pages - dans lesquels un tonnelier de l'Aude, Louis Barthas, a consigné dès 1919 ses souvenirs personnels de la Grande Guerre. Le 11 novembre 1978, les éditions Maspero publient la version intégrale de ces Carnets, qui rencontre un succès immédiat et jamais démenti.

    Le récit de Louis Barthas, qui a passé plus de quatre ans sur le front avec le grade de caporal, est une mine d'or historique et un trésor littéraire. Sur un ton à la fois grave et drôle, parfois grinçant et toujours émouvant, Barthas raconte avec un talent extraordinaire et une précision factuelle inégalée le quotidien terrifiant des tranchées : les massacres, la boue, la pluie, le froid, les rats, les poux, la peur...

    Mais ces Carnets sont avant tout une histoire d'hommes, pour autant que l'humanité puisse résister à un tel enfer : celle des chefs qui vous rabaissent, vous humilient, vous sacrifient pour conforter leurs grades ; celle des camarades d'infortune qui tombent un à un sous les bombes, dans les gaz toxiques ou au bout d'une baïonnette ; celle des ennemis aussi, qui finalement n'en sont pas et avec lesquels on fraternise à l'abri des regards hiérarchiques.

    Les historiens considèrent la publication des Carnets de Louis Barthas comme un tournant dans l'historiographie de la Première Guerre mondiale. Car c'est la publication de ce livre qui suscitera, dans les années suivantes, un regain d'intérêt pour les récits de la Grande Guerre par en bas, même si se dégage des Carnets de Barthas, une coloration absente des récits publiés à sa suite. Militant socialiste et antimilitariste, non par dogmatisme mais par amour du genre humain, Barthas transforme imperceptiblement son récit en histoire universelle.

    Cette adaptation graphique, constituée d'extraits soigneusement sélectionnés et livrés sans ajouts, offre une seconde vie à ce livre d'exception pour le faire découvrir à une nouvelle génération de lecteurs. Tout en respectant scrupuleusement la lettre et l'esprit du texte originel, elle permet d'entrer dans le coeur du récit en mettant en valeur un témoignage qui, véritable chef d'oeuvre d'humanité, mérite d'être mis à la portée des lecteurs d'aujourd'hui.

  • Nous sommes en guerre.

    Le renforcement constant de la lutte antiterroriste et la mise en place d'un état d'exception permanent font chaque jour davantage craindre les pires dérives. La première d'entre elles : que les militaires prennent subrepticement le contrôle de la République en France.

    Ce scénario-catastrophe n'est pas un fantasme complotiste, il est le fruit d'une histoire qui appartient pleinement à la Ve République. Forgée dans la lutte anticoloniale, en Indochine et en Algérie, la doctrine de la guerre révolutionnaire, ou contre-insurrectionnelle, a inspiré des générations de militaires français. Elle a placé au centre de l'attention stratégique la propagande, le quadrillage du territoire, la surveillance des populations civiles ; elle a justifié le recours à la torture pour traquer et détruire l'« ennemi intérieur », et a provoqué des milliers de victimes. Autrement appelée la « Septième Arme », cette doctrine attribue aux militaires un rôle politique dans le maintien de l'ordre sur le territoire.

    Réhabilitée dans les années récentes par les exigences de la lutte antiterroriste, la Septième arme et son histoire ont beaucoup à nous apprendre sur le risque que de telles idées et pratiques font courir à notre démocratie.

  • Histoire dessinée de la France n.11 ; dans l'absolu : de Louis XIII à Louis XIV Nouv.

    Absolutiste, le XVIIe siècle ? Faut-il toujours s'en tenir à des grands personnages et à des événements marquants ? Pourquoi ne pas regarder les choses autrement, par en bas ? En compagnie d'Alexandre Dumas, grand amateur de l'époque de Louis XIII et de Louis XIV, les historiens Ernest Lavisse et Pierre Goubert partent à la découverte de la France et de ses habitants, rencontrant soldats, paysans, moines, sorcières, libertins et... esclaves. Parcourant le royaume et ses colonies, ils croisent aussi Descartes, Molière, d'Artagnan et quelques autres. En six chapitres alertes, où l'on se rend compte que Versailles n'est pas (toute) la France, ils bouleversent joyeusement bien des certitudes sur le prétendu « Grand Siècle ».

  • Histoire dessinée des juifs d'Algérie Nouv.

    Alors qu'il numérise des photos de famille, David retrouve le portrait, peint en 1878, d'une « jeune femme indigène » d'Algérie. En découvrant qu'il représente sa lointaine aïeule, l'adolescent, descendant de juifs des Aurès, entreprend une quête de ses origines, qui se transforme bientôt en véritable enquête historique dans un passé riche, complexe et douloureux.
    À mesure que les fils des mémoires et de l'histoire se tissent, une fresque civilisationnelle deux fois millénaire apparaît, dont la source remonte à l'exil antique de juifs d'Israël/Palestine et à la conversion de Berbères au judaïsme, suivis de l'arrivée des Séfarades à la fin du XVe siècle. Après la longue domination arabe puis ottomane, la conquête de l'Algérie par la France en 1830 transforme profondément la destinée des « israélites indigènes » : l'attribution de la citoyenneté française par le décret Crémieux en 1870 ne marque pas seulement leur émancipation ; elle crée également une déchirure par rapport à leurs traditions religieuses et culturelles, mais aussi vis-à-vis des Berbères et Arabes musulmans avec lesquels ils avaient partagé des siècles durant une existence commune.
    L'assimilation paradoxale des juifs d'Algérie à une identité « pied-noire » après leur exode et leur « rapatriement » en 1962 a enfoui cette mémoire collective. C'est à remédier à sa perte que s'emploie magistralement cet ouvrage, en restituant une histoire largement méconnue.

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