Les Presses Du Reel

  • La place et le rôle des femmes dans l'art et dans le spectacle vivant, entre 1912 et 2012, aux lisières de la performance et de la danse.
    A l'heure des re-enactements et autres remakes des performances historiques, il semblait important de s'interroger sur la place des femmes dans les avant-gardes des années 1910-1970. Quel regard portons-nous, aujourd'hui, sur les pionnières qui ont profondément modifié la danse et la performance, en Europe et aux Etats-Unis ? Réunis pour la première fois, des historiens, des philosophes, des danseurs et deux chorégraphes ont accepté de faire le point sur leurs recherches. Par-delà les catégories artistiques (danse, performance, action, pantomime, théâtre, music-hall...) et les clivages (théorie / pratique ; forme / fond), ce livre est une invitation à partager leurs questionnements sur le spectacle vivant « au féminin », ses archives et ses références.
    Femmes, attitudes performatives rassemble dix contributions, une « interview performative » de La Ribot et un entretien sur La Part du rite de Latifa Laâbissi et Isabelle Launay.
    Publié suite au colloque international éponyme organisé par Carole Boulbès avec l'Ecole nationale supérieure d'art de Nancy au Centre Culturel André Malraux (Scène nationale de Vandoeuvre-lès-Nancy), en novembre 2012.

  • Première monographie consacrée au travail de la danseuse et chorégraphe française qui fait du corps le lieu du politique, pour questionner les rapports de pouvoir et de domination, avec une quinzaine de textes et d'entretiens.
    Depuis ses premières créations au début des années 2000, Latifa Laâbissi creuse un sillon unique dans le paysage de la danse et de la performance en Europe. Loin des clichés, la chorégraphe fait du corps le lieu du politique, pour interroger les rapports de pouvoir et de domination. Elle le confronte au réel, l'ouvre à sa propre histoire, celle qui façonne les identités. Chacune de ses pièces et de ses projets de recherche font ressurgir des représentations inédites d'un corps sauvage, burlesque, intime, peuplé d'images qui interpellent autant qu'elles dérangent. La figure de la sorcière, de la femme guerrière ou archaïque, celle du fantôme, d'une nudité tribale, sont autant d'incarnations qui prennent forme sur le plateau pour déplacer les attendus du spectateur, pris dans ses propres clichés. En faisant de la scène et de la danse contemporaine le lieu d'émergence des problématiques identitaires et l'espace d'apparition de figures retranchées dans l'invisibilité, Latifa Laâbissi ouvre un territoire où se joue également une autre histoire de la danse, nourrie des déformations, manipulations et stigmates du corps, pour contourner, notamment, les stratégies d'asservissement racial qui sévissent depuis plusieurs siècles. Grimaces du réel est la première monographie consacrée à son travail.
    Pièces, installations, conférences performées, collaborations pluridisciplinaires : mêlant les genres, réfléchissant et redéfinissant les formats, le travail de Latifa Laâbissi (née en 1964 à Grenoble) cherche à faire entrer sur scène un hors-champ multiple ; un paysage anthropologique où se découpent des histoires, des figures et des voix. Les codes de la danse y sont bousculés par des corps récalcitrants, des récits alternatifs, des montages de matériaux par où s'infiltrent les signes de l'époque.

  • Conçu par M/M (Paris), ce livre-objet documente, de manière photographique ainsi que par un texte de Frédéric Boyer, la pièce intitulée La Faculté, une tragédie contemporaine inscrite dans la vie de la jeunesse d'aujourd'hui, dont le texte à été créé par Christophe Honoré et mis en scène par Éric Vigner « La Faculté c'est un spectacle d'Éric Vigner sur un texte de Christophe Honoré. La Faculté fut créé par Éric Vigner au Festival d'Avignon en 2012 dans la cour du lycée Mistral. Alain Fonteray a photographié le spectacle et ce sont ces photographies qui m'ont fait découvrir La Faculté. Bénédicte Vigner m'a demandé d'écrire un texte à partir de ces photographies. Sans avoir vu ni le spectacle ni lu le texte de Christophe Honoré. J'ai regardé chez moi les photographies d'Alain Fonteray pendant plusieurs jours, plusieurs mois, et à des heures différentes. Jusqu'à en oublier l'origine, la réalité de ces images. Jusqu'à ce point troublant de persécution des images. Rien n'arrive plus que l'absence de ces images. Ce que j'étais en train de voir je ne l'ai jamais vu. Et puis j'ai commencé à écrire. J'ai commencé à écrire ce dont précisément je savais qu'il me serait impossible d'atteindre. L'événement du spectacle. L'incarnation des mots de Christophe Honoré. Certaines nuits je me réveillais en pensant à ces photographies. À ce qui s'était passé ou pas. Il arrive que des oeuvres répondent à d'autres oeuvres qu'elles ne connaissent pas. Que des oeuvres se répondent comme aussi des personnes se rencontrent sans se voir ni même se connaître. Mais quelque chose a lieu d'une reconnaissance. Moi j'ai vu dans ces photographies le souvenir vivant d'un scandale. Celui de la jeunesse. J'ai compris que la question de toute tragédie, de toute représentation théâtrale, c'est le contemporain qui s'adresse en nous à l'oubli le plus ancien. C'est l'Antiquité de notre monde comme une réalité neuve, brillante, et comme une blessure.
    Plus tard j'ai vu enfin le spectacle La Faculté.
    Ce que j'ai vu alors je l'avais vu pour toujours. » Frédéric Boyer

  • Entre documentation et recréation : la mémoire et la transmission de l'art de la performance et de la danse contemporaine.
    La transmission des oeuvres performatives et chorégraphiques contemporaines soulève de vifs débats théoriques, esthétiques, politiques, institutionnels, pédagogiques, méthodologiques ou juridiques. Pratiques artistiques éphémères, engageant le corps, réalisées dans la perspective d'un rapport à un public, la performance et la danse contemporaine requièrent des modes de transmission procédant à la fois de l'archive et de la mémoire orale et corporelle. Ce double registre, dont les termes sont trop souvent pensés en opposition, explique pourquoi l'art de la performance et les oeuvres chorégraphiques ont échappé jusque récemment aux institutions patrimoniales qui privilégient des approches archivistiques, documentaires et matérielles de la transmission.
    Ce livre explore les pistes que des approches mémorielles de l'archive permettent d'ouvrir. Les reenactments sont abordés en tant qu'« archives performatives » qui instaurent une circulation entre les documents, les corps, les scripts, les récits d'expériences. Participant pleinement du fonctionnement esthétique des oeuvres et de leurs reprises, la documentation devient moteur de création et suscite de multiples réactivations à travers des expositions, des performances, des sites Internet. De ces réévaluations émergent de nouvelles façons de concevoir les histoires des arts vivants, qu'il s'agisse d'herméneutiques des documents, de laboratoires historiographiques au sein d'expositions, de productions mémorielles au coeur des pratiques artistiques. Pour se développer, ces pratiques requièrent l'invention de structures hétérodoxes ou la convergence des institutions vouées à la culture matérielle et celles consacrées aux répertoires, sans pour autant écarter les dissensus et les frictions indispensables à une « pensée complexe » des phénomènes de transmission.
    Cet ouvrage est issu des journées d'étude Documenter, recréer. Mémoires et transmissions des oeuvres performatives et chorégraphiques contemporaines tenues à Montréal les 2, 3 et 4 mai 2013, un partenariat de la Fondation Jean-Pierre Perreault et de l'Institut du patrimoine de l'Université du Québec à Montréal.

    Anne Bénichou enseigne l'histoire et la théorie de l'art à l'Université du Québec à Montréal. Ses recherches portent sur les archives, les formes mémorielles et les récits historiques issus des pratiques artistiques contemporaines et des institutions chargées de les préserver et de les diffuser.

    Voir aussi Ouvrir le document - Enjeux et pratiques de la documentation dans les arts visuels contemporains (édité par Anne Bénichou).

  • A la fois témoignage autobiographique, documentation sur le processus de création chorégraphique et partitions textuelles, cet ouvrage de la chorégraphe-danseuse américaine est également une réflexion approfondie autour des enseignements du corps. Cette édition augmentée propose un ensemble de documents qui recontextualisent et prolongent le texte original.

    Au milieu des années 1990, Deborah Hay décide d'écrire une liste des enseignements reçus de son corps, ce « maître » auprès duquel elle se met au travail depuis plus de trente ans. La liste constituera la structure de son troisième livre, Mon corps, ce bouddhiste, paru aux États-Unis en 2000. À la fois témoignage sur le quotidien de la chorégraphe-danseuse, recueil de textes partitionnels et espace de réflexion sur sa pratique, cet ouvrage fait aussi le point, de manière plus programmatique, sur les concepts et les prises de position qui servent de moteur à ses expérimentations. En accompagnant la traduction de documents qui contextualisent et prolongent le texte original, cette édition en français se veut autant une porte d'entrée dans le corpus encore à défricher de la chorégraphe, qu'un manuel à l'usage d'une nouvelle génération d'artistes expérimentaux intéressés par le geste littéraire comme processus chorégraphique.

  • Textes et entretiens autour du travail du danseur et chorégraphe.

    Qu'est-ce que « Rétrospective » par Xavier Le Roy fait à - et pour - la chorégraphie, l'exposition, l'art contemporain, l'attention du spectateur, l'espace public ? Le présent ouvrage rassemble entretiens, témoignages, notes de travail et autres essais. Il fait ainsi entendre les voix d'un ensemble d'artistes, de dramaturges, de performeurs, de curateurs, de critiques et d'historiens d'art ainsi que de philosophes. Chacun d'eux examine ou difracte les questions que « Rétrospective » met en jeu.

    Publié à l'occasion de l'exposition « Rétrospective » par Xavier Le Roy à la Fondation Antoni Tàpies, Barcelone, au musée de la Danse, Rennes, au Teatro Castro Alves, Salvador, aux Deichtorhallen, Hambourg, au Museu de Arte do Rio, Rio de Janeiro et au Centre Pompidou, Paris, de 2012 à 2014

  • L'histoire de l'émergence et les devenirs de l'appropriation de la « partition » dans les domaines extra-musicaux (théâtre, danse, performance).

    Fruit d'un travail de recherches et d'expérimentations qui s'est déployé entre 2013 et 2015 à la Manufacture - Haute École des Arts de la scène de Suisse Romande (Lausanne), cet ouvrage s'attache aux tenants et aux aboutissants, pratiques et théoriques, de l'appropriation du mot et de l'objet « partition » dans des domaines extra-musicaux (théâtre, danse, performance), du tournant du XXe siècle à aujourd'hui.
    Dans quels contextes, à quelles fins et avec quelles implications a-t-on pu et continue-t-on de recourir à ce mot et à cet objet ? Qui produit les partitions : l'auteur, le metteur en scène, le chorégraphe, l'interprète ? Comment définissent-elles les rôles et organisentelles les rapports de ces différentes instances ? À quel moment interviennent-elles dans les processus de création qui conduisent à la production d'une oeuvre : en amont, en aval, au cours ? À quelles formes de notation recourt-on ? Quelles sont les informations qu'elles donnent à lire ? Quelles pratiques d'écriture et de lecture engagent-elles ? À quelles conceptions du jeu renvoient-elles ? Dans quelle mesure invitent-elles aux croisements et aux échanges artistiques ? Par quelles voies et auprès de qui sont-elles mises en circulation ?
    À la croisée des questions de conception, de production et de diffusion des oeuvres, de l'autorité et de la performativité, du lisible, du visible et de l'audible, la partition est un objet et un concept interartistiques majeurs. Au fil de ce livre, il apparaît que, selon les usages qui sont faits de la partition, les fonctions qu'elle endosse, les valeurs et les discours qui lui sont associés, ce sont les principaux phénomènes de mutation, de réévaluation et de questionnement esthétiques et politiques qui ont marqué les arts de la scène du tournant du XXe siècle à aujourd'hui qui sont ré-envisagés.

  • Combinant documents et essai historique, Carole Boulbès propose aux lecteurs un album critique retraçant la genèse de Relâche, le seul ballet dadaïste de l'histoire de la danse. L'ouvrage évalue l'impact du spectacle sur le milieu artistique français en restituant le contexte historique qui a transformé la collaboration de Picabia-Satie-Börlin en événement unique.

    Ce livre vient combler une lacune : aucune étude approfondie n'avait encore été consacrée à Relâche de Francis Picabia et Erik Satie, dernier Ballet suédois présenté sur la scène du théâtre des Champs-Élysées, en décembre 1924.
    Cet oubli est d'autant plus surprenant que ce strip-tease en deux actes annonçait brillamment les happenings des années 1960 et les performances actuelles. Avec ses décors aveuglants et ses injures, Relâche est le seul ballet dadaïste de l'histoire de la danse.
    Tout en prenant appui sur les correspondances de Francis Picabia avec Erik Satie, Rolf de Maré et René Clair, l'auteur accorde une place importante aux articles de presse ainsi qu'aux affiches, réclames et cartes postales d'époque.
    Grâce à cet album critique, le lecteur est immergé dans le Paris artistique et mondain des années folles, au coeur de la musique et de la danse, du music-hall et du cinéma, peu avant l'ouverture de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes.

  • Entre théâtre et philosophie, une exploration des captures qui s'opèrent entre les écritures scéniques de la « défiguration » post-anthropocentrique et la réinvention des moyens expressifs de la philosophie contemporaine.
    Le XXe siècle a vu s'affirmer une mise en crise profonde des figures de l'humain, menant à un paradigme post-anthropocentrique dont nous sommes aujourd'hui les héritiers. Les écritures théâtrales de Müller, Pasolini, Genet ou Beckett fourmillent de mouvements de défiguration qui dynamisent les formes figées de l'identité normative et qui explorent les zones troubles de l'humain et du non-humain. Mais la défiguration, au théâtre, n'est pas seulement une question thématique : elle affecte également les pratiques de représentation et de production de savoirs.
    Se situant résolument entre théâtre et philosophie, cet ouvrage se propose d'explorer les captures qui s'opèrent entre les écritures scéniques de la défiguration et la réinvention des moyens expressifs de la philosophie contemporaine. Avec des alliés tels que Deleuze, Souriau, Foucault ou Lacoue-Labarthe, il explore la déposition de la raison dramatique, la scène conçue comme territoire philosophique, la fabrique scénique de la subjectivité ou encore l'invention conceptuelle de drames post-anthropocentriques.

  • Avec l'enjeu d'oeuvrer le multiple, l'ouvert et le fragile, ce livre s'avance comme les gestes, les corps et les performances en arts qu'il travaille. Protéiforme, éclaté, intense, il prolonge les processus d'expérimentations, de débats, de réflexions et de découvertes qu'ont menés entre 2011 et 2014 plus de cent-cinquante artistes, chercheurs, critiques et acteurs culturels au sein du Diplôme universitaire Art, danse et performance, formation continue expérimentale de l'université de Franche-Comté.
    Agencé dans une «?carte?» de quarante «?mots?» surgissant des gestes, des corps, des espaces et des temps à l'oeuvre dans les performances en arts, l'ouvrage collectif rassemble plus de quarante artistes, théoriciens, critiques, curateurs, chorégraphes et performers, autant issus des arts plastiques, de l'art performance, de la poésie sonore, de la danse et du théâtre. S'y livre en éclats une hétérogénéité de discours, de réflexions et de documents?: textes théoriques, textes d'artistes, essais, entretiens, carnets de recherche, transcriptions, traductions, scripts, partitions, schémas, images... Une mine où chacun est invité à puiser ses pépites jusque dans l'intervalle des pages.

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