Presses Universitaires Du Septentrion

  • Depuis quelques années s'intensifient les rapports entre une société de l'information et une économie de l'attention : plus l'information est abondante, plus l'attention est rare. Alors que le travail se formule comme une lutte contre l'oisiveté et impose une certaine discipline de l'attention, la consommation, quant à elle, impose précisément de capter et perturber l'attention disciplinée. Progressivement, elle se monétise et progressivement, nous nous en sentons dépossédés.
    Pourquoi tenons-nous au concept d'attention ? L'attention ne constitue pas simplement un nouvel objet auquel l'éthique et la philosophie politique devraient s'intéresser. Loin de se limiter a` développer une éthique appliquée de l'attention, problématiser l'attention nous amène a` re-questionner les champs de l'éthique et de la philosophie politique. Pour répondre à ces questions, ce livre fait le pari de la pluridisciplinarité en rassemblant des travaux de différents horizons.

  • La dialectique réflexive est une ontologie de la finitude qui se constitue dans la forme d'un cercle spéculatif.
    En sa ligne réflexive ascendante, d'abord, cette finitude se pose en explicitant la présupposition de l'infinité qui lui donne son sens. Puis, en un mouvement descendant, la dialectique de l'infini, construite analogiquement dans la forme de la finitude, y pose le contenu de cette finitude comme son existence finie, éternel corrélat de sa propre existence infinie, en une co-existence elle-même éternelle.
    Dit en termes simples : si l'esprit fini dans le monde pose nécessairement en Dieu son propre sens, réciproquement, il pose nécessairement dans le monde, et dans cet esprit du monde qu'il est, l'existence de Dieu se comprenant finiment en lui. Le fil herméneutique de ces " lignes fondamentales " est une nouvelle ontologie dialectique du soi ou un " séisme réflexif " insérant en lui sans éclectisme les apports de Kant, Fichte, Schelling, Hegel, Marx et Weil, tout en se tenant au plus près des données actuelles du sens en matière d'épistémologie et de philosophie pratique contemporaine.

  • Quand il s'agit de rendre compte, par-delà les calculs intéressés de l'homo oeconomicus, de la manière dont tiennent les sociétés humaines, donner et reconnaître apparaissent comme deux dimensions constitutives de l'agir social. Mais du don et de la reconnaissance, il convient aussi, avant d'en appeler à leur syncrétisme, d'en interroger les proximités et les distances, ainsi que leurs consistances respectives. Par exemple, dira-t-on d'un don sans retour ou d'une reconnaissance sans réciprocité qu'ils sont encore dignes de ces noms ? Les activités de don et de reconnaissance se confrontent alors à une tierce dimension qui les taraude de l'intérieur: la domination.

    Cet ouvrage propose d'examiner plus précisément la façon dont se répondent et s'entremêlent les trois modèles du don, de la reconnaissance et de la domination, sur des enjeux contemporains situés au croisement de plusieurs horizons théoriques (la théorie critique, l'anthropologie, la phénoménologie sociale, la psychanalyse).

    Contributeurs : Thomas Bedorf - Fabio Bruschi - Louis Carré - Philippe Chanial - Katia Genel - Marcel Hénaff - Steffen Herrmann - Axel Honneth - Alice Le Goff - Alain Loute - Dirk Quadflieg - Johann Michel - Emmanuel Renault - Vladimir Safatle.

  • A partir d'un examen critique des théories des passions de Descartes à Spinoza, O. Svec élabore une théorie phénoménologique des émotions destinée à dépasser l'alternative entre les théories somatiques et les théories cognitives. Il apporte un regard synthétique sur les théories contemporaines des émotions.

  • Dans La Volonté de savoir, Foucault écrit : "Là où il y a pouvoir, il y a résistance". Mais que faut-il entendre par "pouvoir" et par "résistance" ? Les contributions recueillies dans cet ouvrage s'attachent à répondre à cette question en soumettant notamment à l'analyse l'hypothèse du "bio-pouvoir", ce pouvoir sur la vie qui à partir du XVIIIe siècle se serait fixé pour tâche l'administration des corps et la gestion calculatrice de la vie.
    Mais la réflexion s'organise également autour des concepts de vie, de sujet et de critique qui forment les outils nécessaires à une pensée de la résistance soustraite au fantasme de l'émancipation radicale et rapportée plutôt à l'intervention stratégique dans des luttes locales. Se fait jour ainsi une pensée et une pratique de la résistance qui mérite d'être analysée pour elle-même autant que dans sa relation à d'autres pensées du pouvoir, de l'histoire ou même de la vie (de Kant à Walzer, en passant par Butler, Deleuze ou Agamben).

  • Y a-t-il un lien entre les oeuvres de Husserl, Freud, Bergson, Russell, Durkheim et bien d'autres, toutes apparues autour de 1900 ? En 1900, se créent la Société française et les Congrès internationaux de philosophie.
    Mais y a-t-il pour autant un " Moment 1900 en philosophie " ? Autrement dit y a-t-il des problèmes communs à ces oeuvres singulières, appelées à dominer le siècle philosophique, et qui surgissent sinon en 1900 du moins entre 1890 et la rupture si brutale à tous égards de 1914 ? Telle est la question posée par ce livre, dans son unité et sa diversité. Diversité : il s'agit d'études menées par les meilleurs spécialistes non seulement sur les oeuvres philosophiques que l'on vient de citer et d'autres (d'Alain à Jaurès, de Nietzsche à Dilthey), mais aussi sur les sciences, les arts, et la politique.
    Unité : l'hypothèse qui organise le livre est reprise et discutée dans des textes entre lesquels se tissent donc des liens multiples, qui invitent le lecteur à autant de parcours. La tension de ce " moment " fondateur est celle du siècle qu'il ouvre, jusqu'à nous. La méditer, cent ans après, au seuil d'un nouveau siècle est indispensable.

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