Littérature traduite

  • Dersou Ouzala Nouv.

  • Quatre hommes au sommet est l'histoire de la première ascension du Denali, en 1913, par plus 60 degrés de latitude nord, au coeur de l'Alaska. À son origine, un missionnaire, Hudson Stuck, « touché par la splendeur de la plus grande montagne » d'Amérique du Nord et désireux de « pénétrer ses mystérieux bastions ».
    Les conditions météorologiques et l'accessibilité de ce sommet de 6 194 mètres constituaient les principaux obstacles à surmonter. Mais c'est en connaisseur du Grand Nord et accompagné de volontaires que Hudson Stuck se lança dans l'aventure.
    Observateur attentif de la nature, esprit croyant et profondément soucieux du sort des Indiens, il se fait, à travers son récit, le chantre d'une chaîne et d'une montagne mythiques.
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  • « Par rapport au Goulag, je regarde l'Enfer de Dante comme un hôtel cinq étoiles... » Ce propos de Vadim Toumanov résume l'intensité tragique de son ouvrage.
    C'est un récit autobiographique dont le nerf est l'action. Sous l'action perce, en filigrane, la réflexion du narrateur aux prises avec les destinées de son pays, la Russie. Style narratif vif, direct, évocateur. Le cinéaste Alexandre Mitta a pu dire : « À chaque page, je vois un film, un scénario. » Marin au long cours, boxeur, poète, forçat du Goulag, chercheur d'or, entrepreneur, Vadim Toumanov pourrait ressembler à un personnage de Jack London. L'expression « un roman que sa vie », si galvaudée soit-elle, se justifie parfaitement en l'espèce, et son autobiographie est à la hauteur d'un tel destin.

    Ce livre est souvent comparé aux meilleures peintures littéraires des camps staliniens : Soljénitsyne, Guinzbourg, Chalamov, d'autres encore. Mais il les surpasse magiquement par la foi qu'il infuse dans le triomphe de la vie. Si la littérature commence là où l'auteur « embarque » son lecteur, alors nous y sommes : une puissance d'évocation qui nous entraîne aux enfers, et une puissance de caractère qui nous en extirpe, car la main qui écrit, pleine de vie, nous tire des situations les plus désespérées, par le col, pour nous ramener à la lumière. Au lieu de refermer ce volume avec des idées noires, on envie son auteur pour sa force, comme si ses poings de boxeur knockoutaient aussi le malheur et l'injustice.
    Sous sa plume, la poésie, la tendresse, l'amitié et l'amour ne sont jamais loin, et l'on verra que notre chercheur d'or réussit même son mariage. Un livre humain et humaniste.

  • Assoiffé de nature et d'aventure, un enfant russe de l'après-guerre se prend pour Tom Sawyer au bord du Don paisible. Pour vivre sa passion, le petit Valentin fait l'école buissonnière, fugue, se gave de livres, fraie avec les voyous. Mais, cédant à l'appel de la forêt, il choisit bientôt sa voie en devenant chasseur dans la taïga sibérienne. Et son récit, commencé comme une autobiographie, se développe en dialogue avec le monde sauvage. Que fait-il quand la chasse le désenchante ? Valentin Pajetnov s'installe à la source de la Volga pour se consacrer à l'étude de l'ours, court les bois du printemps à l'automne avec des oursons orphelins, les accompagne jusqu'à la tanière, retient leurs leçons. Ce livre est donc celui d'un berger à ours tout à la fois chercheur, observateur et conteur. Une singulière pastorale qui nous révèle un rapport intime et fusionnel à la nature, où chaque mot est vécu.

  • En 1781, l'Écossais Donald Campbell quitte l'Angleterre pour les Indes, afin de rétablir sa fortune et d'exorciser par le voyage les malheurs qui l'accablent. L'aventure ne sera pas de tout repos. Délaissant l'Égypte pestiférée, Campbell se lance dans une traversée spectaculaire du Moyen-Orient par un itinéraire jamais emprunté par aucun Européen. Puis, naufragé sur la côte de Malabar, il tombe dans les griffes du sultan du Mysore, en guerre contre la Compagnie britannique des Indes orientales. Il devient alors acteur d'une étonnante histoire qui transformera son entreprise au départ personnelle en mission militaire et diplomatique. Récit de voyage picaresque, conte moral, l'histoire de Donald Campbell connut un immense succès au tournant des XVIIIe et XIXe siècles.

  • Cap à l'est, jusqu'au fin fond de la taïga russe, où il existe un endroit touché par l'ongle blanc de Dieu : c'est le lac Baïkal, tracé comme un croissant de lune dans les immensités sibériennes. Ermites, chasseurs visités par les fées, pêcheurs d'un ancien kolkhoze, spectres des déportés, passagères de petite vertu du Transsibérien, homme d'affaires puni pour son lucre et même phoques s'entretenant de littérature, autant de funambules lancés sur cette ligne de fracture entre deux Russies. Pour les évoquer :
    Quinze nouvelles, tantôt légères, tantôt graves. Alors la Russie apparaît dans toute sa splendeur et sa tristesse face au lac, vieux de 25 millions d'années, qui bat au vaste rythme du coeur sibérien et sert de refuge ou de miroir à l'âme.

  • L'ascension de l'Aconcagua ; à l'assaut du colosse des Amériques Nouv.

    En 1897, une expédition menée par l'alpiniste américain Edward FitzGerald prend tous les risques pour être la première à fouler le sommet de l'Aconcagua, le toit des Amériques, à 6 962 mètres, en Argentine.
    L'aventure n'est pas sans danger : personne ne sait quelle est la meilleure voie, et les tempêtes, aussi soudaines que violentes, ont toujours repoussé les hommes dans leurs précédentes tentatives. C'est de cette conquête de l'impossible, au sein de la géographie austère des montagnes d'Amérique du Sud, que FitzGerald et les siens, en pionniers, se font les portevoix.
    Passionnante aventure et témoignage inspiré, L'Ascension de l'Aconcagua est le récit d'une grande première, dans laquelle le courage et la détermination ne suffisent pas toujours à vaincre.


  • au retour d'un premier voyage en sibérie dans la région de l'amour et de l'oussouri, nikolaï mikhaïlovitch prjevalski (1839-1888), officier natif de smolensk, émet l'idée d'une mission scientifique à travers la mongolie et le tibet, alors sous domination mandchoue.
    soutenu par la société russe de géographie, il se met en marche à la fin de l'année 1870. depuis le lac baïkal, il rallie ourga, siège du bouddha vivant des lamaïstes mongols, avant de rejoindre pékin par la route du thé et d'entreprendre plusieurs expéditions à pied, à cheval et à dos de chameau : la première est conduite, malgré les tempêtes printanières, à la lisière orientale des vastes steppes mongoles ; les deux autres le mènent en amont du fleuve jaune et jusque sur le plateau tibétain.
    dans un effort ultime, il trace sa route de retour en 1873 à travers le gobi, le plus grand désert d'asie. déjouant les ruses mandchoues et la menace d'insurgés musulmans, le voyageur cartographie la région et constitue des collections naturalistes ; il décrit aussi, dans un récit savoureux, les moeurs et les institutions des éleveurs nomades dont il traverse les campements de yourtes. patriote, il fait passer son devoir avant tout, endurant sans plainte les pénuries et les aléas climatiques.
    la recherche scientifique sert aussi les ambitions territoriales de la russie impériale. la seconde moitié du xixe siècle voit le réveil de l'intérêt du tsar pour l'asie et l'apogée du grand jeu, la rivalité russo-britannique pour la possession du turkestan. l'empire céleste vacille, rongé par les dissensions internes et les attaques des puissances coloniales, qui lui arrachent le droit de commercer en ses frontières.
    de simple marche désertique de la sibérie traversée par les caravanes de négociants de fourrures et de thé, la mongolie devient le centre géographique de l'asie et le seuil de la chine. acteur de la course des russes vers le soleil levant, nikolaï prjevalski incarne à leurs yeux, et incarnera encore à l'époque soviétique, l'explorateur par excellence.

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