• Faut voir

    Didier Delahais

    Sous forme de courts monologues, un type parle mais de quoi il parle ? Contrairement à ce qu'on peut penser au début on finit par entendre quelque chose qui nous fait dire qu'on n'est pas les seuls. C'est une parole directe qui embarque, de ces figures de tous les jours qui tiennent à leurs mots pour ne pas tomber, en gardant au fond, c'est pas plus mal, ce désir maintenu de savoir si l'autre aussi.

  • Un homme parle tout seul, à tout le monde. Dans un endroit entre dedans et dehors, il erre dans ce qui pourrait être sa maison. Il pense tout haut, cherche son adresse, confie, invente, répertorie, espère. Il dit ses obsessions, ses résolutions et ses doutes, perd son fil, annonce ce qu'il va faire quand il sera prêt. Arpenteur de lui-même, il cherche dans son for intérieur ce qui lui permettrait de croire à la réalité de son existence, s'éprouve dans la relation avec les mots. Il essaie de dire son rapport intime avec le dehors, un extérieur convoqué ou aperçu, rentrant par la fenêtre, bruissant aux alentours. Une parole incertaine nue sous l'éclairage, comme elle vient.

  • Un homme décide de rentrer dans le concret. D'autres se retirent du monde. Lui veut y entrer. Perdu longtemps dans le paysage iI songe à s'y jeter. Corps et âme. Prêt à tout pour parvenir à réaliser son rêve de rentrer de plain-pied dans la réalité. Reprendre à zéro. Rejoindre les autres. Quelque part.
    Pour l'écriture de ce texte, la Région Nouvelle-Aquitaine a attribué une bourse d'écriture à l'auteur en 2019.
    Livre publié avec le soutien du CNL

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