• Tubes et odes réunit deux livres parus en 2007 et 2009. Ils ont un point commun que cette réédition permet d'estimer: le besoin de bien déchanter, là où les airs fameux (qu'on appelle tubes ou hits, dans la chanson) et les modes traditionnels de la poésie (le mode lyrique de l'ode, en l'occurrence) offrent peu de marge de manoeuvre pour la pensée d'une instrumentation personnelle. Or, il existe des poètes, et des éditeurs, pour qui avoir tous les canons de la poésie admise à portée de main ne suffit pas: il leur faut surtout les moyens du bord, ceux d'une conduite capable de déplacer la lecture et l'attention, dans ce qui continue d'importer et d'élargir notre monde. Cette réédition, c'est l'histoire du bourdonnement d'un petit ampli, qui n'a rien à envier aux chants de l'unisson.

  • Nom ? Ventriloquie. Prénom ? Label. L'identité du personnage général de ce livre fait aussi des fictions parlantes la marque de fabrique d'une poésie où, en un sens strictement labial cette fois, les paroles ne se lisent pas sur la bouche ni le visage du poète. Le poète est peu transparent, et son expression reste toujours à inventer. Une ventriloquie consiste à faire passer de la poésie nécessairement « difficile » en contrebande, tout en vous mettant la puce à l'oreille sur l'intérieur des marionnettes. Si Label Ventriloquie mise sur une curiosité essentielle de la lecture, c'est qu'on n'y boude pas le plaisir de partager une histoire de langage comme on devrait douter de « la littérature » de tout son coeur : petites formes essayistes, souvent verticales, que des enfants peuvent recouper, conférences-express imaginaires sur quelques ronrons poétiques contemporains, une incursion critique dans un art martial, fausses chroniques littéraires télévisées, cartes postales au sujet des contenances, et vers-vumètres à colorier.

  • Ce livre d'éléments pour poèmes d'une chronique fictive peut être lu comme une proposition de réponse à la question : « A quelle condition peut-on dire d'un livre qu'il est vivant ? ». S'il vise une justesse critique, son objet n'existe qu'au titre d'un texte imaginaire, dont la « performance », relayée par sa chronique, consisterait à agir sur nos habitudes de lecture à la manière des plombeurs d'ambiance. Hé, qui sait si la plomberie n'a pas pour fonction de relancer une forme d'eau courante dans les volumes ? Dans le domaine sportif-compétitif, ce livre serait une contre-performance. Mais : que gagnerait-on à écrire en sur-régime ? Enfin, son format se veut familial : il se peut que les poèmes tramés s'adressent à ceux qui ne découvrent pas la poésie, alors que le cahier de coloriage qu'on y trouve en supplément, de Christophe Boursault, s'adresserait aux enfants de ceux qui ne découvrent pas la poésie, et qui veulent imaginer, au feutre, leurs propres performances / performeurs et performeuses de poésie à main levée. Un livre pour les 7 à 77 ans.

  • « Pour faire simple : la connerie intéresse si c'est un personnage de fiction qui l'incarne. » Samuel Rochery

  • Mattel

    Samuel Rochery

    John Mattel, doublement inspiré des inventeurs de jouets en série Harold Matson et Elliot Handler et du mystérieux écrivain américain John Barton Wolgamot, propose ici, sur le mode diariste, parfois essayiste, un ensemble de contes populaires : des figurines entre ses doigts. Où limagination invente des choses à partir dune amitié orageuse avec la réalité et lhistoire que tout le monde connaît.

    On y apprendra comment Lee Harvey Oswald, assassin détourné du chanteur Paul McCartney, se fait voler la vedette par les instigateurs du 11 septembre. Comment la poupée Barbie est en recherche demploi. Comment Bambi et Peter Pan sont à lorigine dun métier davenir lorsque les stars sont menacées. Comment des gangsters et des patrons de casino sont capables de militer pour un rythme plus fort dans les pensées daujourdhui.

    Car il sagit bien de rythme. De langue battue au cur de gens miniaturisés. Les histoires racontées, vraies et fausses, étant les accessoires dune mémoire paradoxale des hommes et des femmes célèbres ou inconnus, « abstraits et plus modernes ». S. R.

  • Le buvard dit que le gant a ce prix-là. Il ne dit pas du tout Voilà ton Moi, mais Reduplique.

  • « Je fais l'effort de m'adresser à vous comme à un enfant. C'est un effort. Nous sommes dans le même effort. Il faut savoir comment faire Ah. Comment un slogan calculé et naturellement tapeur, comment une enseigne et comment mon single (extrait de best-of). Nous ne sommes pas des vaches et des marguerites, et nous devons produire des gâteaux inquiétants. Ou des gâteaux d'inquiétude. D'attention. » Samuel Rochery

  • Lutterie électrique est un livre qui porte sur des questions de poétique propres au travail du poète Samuel Rochery. Il prend la forme d'un échange entre Steve Savage et l'auteur, afin d'élucider les raisons, parfois simplement les causes, d'une position qui peut s'entendre comme la fabrication d'un instrument de lutte, fût-ce avec les moyens du bord, pour que puisse passer un courant dans la langue - au-delà de ce qu'on range déjà sous le nom de littérature. On y cherchera à savoir comment s'articule l'improvisation à l'idée du livre achevé, pourquoi et comment lier la musique rock à la poésie, en quel sens une figurine peut remplacer le personnage littéraire, en quoi le poète est lyrique (comme tout le monde), et que son lyrisme, il lui appartient d'en faire autre chose.

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