Editions Mf

  • Dès sa parution, il y a vingt ans, Les corps transfigurés ouvrait des perspectives nouvelles sur les performances de la biologie.
    En explicitant l'omniprésence des approches réductionnistes dans tous les secteurs des sciences de la vie, Michel Tibon-Cornillot définissait d'une part les principales structures selon lesquelles se développe de plus en plus rapidement la mécanisation du vivant, et il faisait apparaître d'autre part l'étrangeté du projet occidental de contrôle des organismes.
    Aujourd'hui plus qu'hier, des milliers de chercheurs tentent de construire des machines capables de simuler des pans entiers de l'activité physique et mentale des animaux et des hommes dans d'autres laboratoires, leurs collègues font entrer des parts fondamentales du vivant dans des procédures techniques.
    Automates vitalisés et vivants mécanisés convergent et semblent fusionner. Les développements de la biologie contemporaine visent toujours plus profondément la transformation de l'homme par l'homme, la mutation, cette fois-ci organisée par elle-même, de l'espèce Homo sapiens. Quels que soient les mobiles avancés, thérapeutiques pour l'essentiel, une question demeure incontournable pourquoi la raison scientifique a-t-elle évolué vers de tels projets de contrôle.
    Quelles en sont les sources dans l'imaginaire occidental. Placé à l'intersection des techniques, des sciences et de la philosophie, cet ouvrage a gardé pleinement son aura symbolique et son actualité. A l'évidence au moment où s'accélère l'entreprise de transformation des corps humains, et plus généralement, des organismes vivants, sa réédition s'imposait.

  • L'approche écologique de la perception visuelle, dernier ouvrage publié (1979) de Gibson, constitue de son propre aveu une somme rétrospective de ses travaux, et voit la culmination de l'approche écologique dans l'introduction du concept d'affordance, ou invite, qui caractérise l'objet réel de la perception commematrice d'un ensemble
    possible d'actions et d'interactions. Ce concept écologique permet d'affirmer l'assise réaliste de l'approche directe de la perception. En effet, caractériser l'objet perçu comme une somme d'affordances, ou d'invites, c'est affirmer que la perception nous met directement en contact avec un objet parce que cet objet est somme d'interactions réelles, physiques, immédiatement effectuables par un observateur incarné. Cette approche noue donc perception et action, jouant ainsi un rôle de premier plan comme précurseur des recherches récentes au sein des diverses branches des sciences cognitives et de la philosophie de l'esprit, qui montrent toujours davantage leur liaison essentielle.

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