Ecole Francaise Extreme Orient

  • La Mission archéologique permanente de l'Indochine installée à Saigon, fondée en décembre 1898, a été rebaptisée École française d'Extrême-Orient le 20 janvier 1900. Son siège est alors transféré à Hanoi. Très rapidement, les premiers chercheurs, archéologues, architectes, épigraphistes., ont ressenti le besoin de compléter les notes et les croquis par la photographie.
    Dès le début du xxe siècle, ces images exceptionnelles, rassemblées aujourd'hui dans les photothèques de Paris et Pondichéry, ont constitué d'abord un formidable outil de travail, proposé ici comme le témoignage d'une époque.

  • Les sogdiens en Chine ne furent pas seulement ces grands marchands internationaux, tels que les sources unanimes les décrivent, qui assurèrent pendant plusieurs siècles les échanges commerciaux entre la Chine et l'Asie centrale : ces iranophones, venus de Samarcande ou Boukhara comme agriculteurs, soldats, artisans, diplomates ou traducteurs, participèrent également à tous les aspects de la vie sociale, artistiques, économique et politique des grandes villes de Chine du Nord du Vè au VIIIè siècle. Cet ouvrage utilise l'ensemble des découvertes les plus récentes, aussi bien archéologiques que textuelles, pour proposer un large panorama de l'histoire de ces communautés influentes. Il regroupe 21 communications d'auteurs chinois, occidentaux et japonais.

  • La plupart des études sur les marchands et industriels indiens tentent à négliger leurs pratiques religieuses bien que celles-ci soient communément associées à leurs activités. Comment idées et comportements religieux s'interpénètrent-ils dans les pratiques professionnelles concernées ? Les textes rassemblés dans ce volume proposent des éléments de réponse. Écrits par des indologues, des anthropologues et des spécialistes des sciences religieuses, ils examinent les formes traditionnelles de valorisation religieuse de la richesse ainsi que la manière dont les acteurs marchands de différentes croyances - hindoue, jaïne, musulmane, chrétienne - les perpétuent aujourd'hui dans le cadre de l'économie indienne moderne. Ils s'efforcent aussi de comprendre pourquoi les marchands sont souvent membres de groupements sectaires volontaristes, et si cela résulte d'une affinité entre leurs activités et un ethos religieux particulier ou du bénéfice que leurs affaires tirent de telles affiliations. Ils traitent également des différentes formes de dons, les distinguant selon la façon dont on les suscite, les modalités de leurs collecte, de leur remise ou de leur affectation, ou encore selon la qualité des donateurs et donataires. En adoptant ces points de vue, ce recueil d'articles rappelle qu'en Inde les sphères politico-économiques, sociale ou religieuse ne sont pas nettement délimitées ou circonscrites.

  • Les trois siècles situés entre l'arrivée des premiers Occidentaux aux Japon en 1543 et la réouverture du pays en 1853 marquent le terminus de la première mondialisation entreprise par le Portugal et l'Espagne. C'est aussi l'époque de la rencontre entre des cultures qui s'ignoraient jusqu'alors. Le combat entre le christianisme et le bouddhisme, les changements dans la politique locale et le rapide bannissement de l'immense majorité des " barbares du Sud " du Japon, en dehors des Néerlandais, firent naître un autre type d'histoire connectée : celle des livres, des objets d'art, des oeuvres de fiction, des controverses religieuses. Aujourd'hui, il n'est plus possible de penser ce temps de dialogue et d'hostilité, de réussites et d'échecs et de redéfinition de la place du Japon en Asie orientale en se reposant sur la myopie respective des études japonaises ou sur des récits ayant trait à l'expansion coloniale en Asie. Par un jeu de miroirs inversés, chacun s'est plu à représenter l'altérité, premier pas vers la définition de soi. Les études réunies dans ce volume reflètent cette diversité des méthodes, mais aussi des hommes. Les spécialistes européens et japonais de ce domaine des échanges interculturels font revivre ici ces diplomaties du réel et de l'imaginaire, ces médiations qui devaient laisser une empreinte indélébile.

    The three centuries between the arrival of the first Westerners in Japan in 1543 and the reopening of the country in 1853 point at the same time to the final stop of the first globalization achieved by the Portuguese and Spanish empires and to the encounter between cultures that had lived in a blissful ignorance of each other. The conflict between Christianity and Buddhism, but also shifting national policies and the rapid eviction of Western foreigners (apart from a small community of Dutch people) fostered a new version of connected histories represented in books, in works of art, in popular fictions and in religious controversies. Today it is no longer possible to analyze these three hundred years of dialogue and hostility, of successes and failures when Japan redefined its place in East Asia while relying only the nearsightedness of Japanese studies and on researches about Western empires and their colonial expansion in Asia. By a constant interplay of inverted mirrors, participants on both sides of the divide marking those first cultural encounters started to represent the 'Other', thereby making a first step towards self-definition. Contributions reflect this variety of methods but also the diversity of the people who used them. In this volume, Japanese and Western specialists in the field of cultural exchange bring back to life the whole array of these early modern diplomacies based on reality and on imagination, of these cultural mediations that were to leave indelible traces.

  • Aucun pays au monde ne semble avoir suscité autant d'images fantastiques, fascinantes et contradictoires que le Tibet. Au cours des XIXè et XXè siècles, comme ce merveilleux pays du toit du monde devint progressivement le but de nombre de voyageurs et chercheurs, de nouvelles images se formèrent dans différentes parties du monde. Ces deux volumes retracent pour la première fois l'évolution, les caractéristiques et l'influence de ces images du Tibet dans une perspective embrassant l'Orient et l'Occident. Vingt-cinq contributions de spécialistes européens, américains, chinois et japonais présentent et analysent des images du Tibet et du bouddhisme tibétain. En suivant leur évolution et leur impact, ces études traitent de sujets à large portée en allant du développement de la tibétologie et des études bouddhique jusqu'à l'histoire des idées en Orient comme en Occident.
    There may be no other country in the world that has given rise to so many fantastic, fascinating, and conflicting images as Tibet. In the 19th and 20th centuries, as the mysterious country on the roof of the world increasingly became the goal of travelers and the object of study, new images arose in various parts of the world.
    These two volumes are the first to trace the evolution, characteristics, and influence of premodern and modern images of Tibet in both Orient and Occident. Twenty-five contributions by specialists from Europe, the United States, China, and Japan present and analyze images of Tibet and Tibetan Buddhism. Tracing the formation, character, and impact of such images, these studies address a broad range of issues, from the development of Tibetology and Buddhist studies to the history of ideas spanning East and West.

  • La grande majorité des firmes et entreprises indiennes sont familiales.
    Après cinquante ans d'une politique industrielle qui leur fut plutôt défavorable, les grandes maisons d'affaires indiennes ont prospéré : plus des deux tiers des 100 premiers conglomérats indiens restent contrôlés par de grandes familles. Celles-ci sont le plus souvent issues de quelques communautés et castes marchandes qui dominent toujours la scène économique indienne " organisée " ou " informelle ".
    Affaires familiales ou familles d'affaires ? Réseaux de firmes, ou firmes en réseaux ? Mais qu'est-ce qu'une firme indienne ? Comment passe-t-elle du commerce à l'industrie ? Ce travail d'anthropologie sociale analyse les réseaux de relations sociales et de rapports technico-économiques que peuvent tisser entre elles, d'une part les firmes des marchands de la caste des Lohana, et de l'autre des entreprises de mécanique animées par des entrepreneurs en général de caste brahmane.
    La comparaison de ces deux types de réseaux permet de préciser ce qui différencie et oppose ces firmes et entreprises dans les configurations socio-économiques et idéologiques où elles s'inscrivent. Les enquêtes de terrain ont été faîtes au Maharashtra, en Inde. Ce livre s'adresse autant à l'anthropologue qu'au sociologue des organisations et à l'historien de l'économie.

  • Les Phounoy, importante population tibéto-birmane de la province de Phongsaly, au Nord-Laos, ont été de longue date considérés comme « acculturés » pour avoir emprunté aux sociétés taï voisines certaines de leurs caractéristiques, notamment le bouddhisme. Cet ouvrage, première recherche à s'appuyer sur des enquêtes ethnographiques approfondies dans des villages phounoy, entend revenir sur cette acculturation supposée et analyser les fondements d'une identité propre. L'auteur montre comment cet ensemble phounoy a émergé à partir de groupes fuyant les guerres et ouvrant des fronts pionniers, et comment il s'est constitué dans une relation privilégiée, « en miroir », avec les différentes principautés taï et lao dominant régionalement. Gardiens des frontières, alliés des autorités coloniales, administrateurs de la province, les Phounoy ont progressivement formé, grâce à cette dyna- mique d'intégration assumée, un territoire, le Müang phounoy, où ils se sont imposés comme intermédiaires incontournables entre le pouvoir central et les autres groupes ethniques mon- tagnards. L'étude fine de ce müang met en lumière ce qui distingue la société phounoy des sociétés taï, mais elle fait apparaître aussi en son sein des différenciations sociales, poli- tiques et rituelles qui ont été durables et que l'auteur analyse précisément. Emblématique de l'histoire de la stabilisation des marges au nord de la péninsule Indochinoise, l'intégration des Phounoy, impliquant aujourd'hui la désa- grégation accélérée de leurs communautés villageoises, se poursuit au sein de l'Etat-nation lao.

  • Le présent ouvrage cherche à circonscrire l'apparition, au Xe siècle de notre ère, d'une réflexion autonome sur le langage au sem du courant de pensée exégétique non dualiste (Advaita Vedânta) inauguré au VIIIe siècle en Inde par Sahkara. Si l'importance des réflexions indiemies sur le langage n'est plus à démontrer, la contribution de l'exégèse advaitin à ce domaine des études philosophiques sanskrites n'est généralement pas reconnue. Notre point de départ est l'analyse du plus ancien texte de cette tradition entièrement consacré à des questions linguistiques, Y Enquête sur la connaissance verbale de Prakâsâtman, dont on trouvera ici une édition critique et une première traduction française largement annotée. Une étude historique et philosophique introduit aux grandes figures du mouvement, ainsi qu'à quelques concepts-clés de la théorie linguistique indienne. Sur cette base, on s'efforce de comprendre les raisons qui poussèrent l'un des plus illustres représentants de la tradition brahmanique non dualiste à s'engager dans une réflexion sur le langage médite, quand bien même elle plonge ses racines dans des problèmes exégétiques plus anciens. Cette approche, herméneutique plus que doctrinale, permet de tirer de l'oubli l'une des grandes pensées linguistiques de l'Inde médiévale, en même temps qu'elle redonne à la parole toute sa place dans l'édifice de l'Advaita, «système» dont le fondement se donne dans une extériorité radicale, et dont la réflexion linguistique constitue à bien des égards la philosophie première.

  • Cette étude a été menée dans les années 1960 et 1970, chez les Khmers habitant le massif des Cardamomes [Cambodge] et ses piémonts occidentaux [Thaïlande]. Elle part de leur intégration au milieu naturel pour montrer comment ils ont, pendant probablement plusieurs siècles, pu vivre en circuit relativement autonome. Et cela tant sur le plan matériel [exploitation de la forêt pour l'essartage et les besoins quotidiens, commerce entre les Khmers Daeum vivant au Cambodge et ceux sis en Thaïlande] que sur le plan social [système de parenté, hiérarchie] et linguistique [évolution de dialectes qui mettent en évidence une parenté avec le khmer moyen (XIIIè - milieu du XIXè siècle)]. Ces traits spécifiques contrastent avec les coutumes observées chez les riziculteurs de la plaine ; ils s'accordent d'une part avec un isolement du pouvoir centrale [Phnom Penh et Bangkok], d'autre part avec la tradition orale attribuant les débuts du peuplement de la montagne à la fin du XVIè siècle. Isolat culturel, ce groupe représente, à l'époque, un conservatoire de la tradition khmère, lieu privilégié pour étudier les savoirs naturalistes populaires et le fonctionnement des deux unités sociales fondamentales : la famille et le sruk, " terroir ". Ainsi, l'expression Khmer Daeum " Khmer de l'origine " qui leur est appliquée traduit une certaine réalité.

  • L'auteur étudie la mise en place du rituel le plus solennel de la religion impériale à l'époque des Han occidentaux, le sacrifice au ciel. Tous les ans, jusqu'à la fin de l'empire, le souverain se rend en personne dans la banlieue de la capitale pour y sacrifier un boeuf en l'honneur du ciel, son père divin. Ce rituel, réservé a l'empereur, est appelé jiao, mot signifiant aussi " banlieue ". Si, traditionnellement, ce rituel passe pour remonter à la plus haute antiquité, l'analyse des occurrences du mot jiao dans les sources anciennes révèle que c'est en réalité l'éminent lettré des Han occidentaux, Dong Zhongshu (195- 115), qui le premier affirma l'ancienneté de ce sacrifice et plaida pour sa célébration auprès de l'empereur Wu (r. 144-87).

  • On associe volontiers le missionnaire à un aventurier, mais plus rarement à un ethnologue. L'oeuvre de Kemlin prouve que recherche anthropologique peut se concilier avec une vocation de missionnaire.
    Au début du siècle, en France, l'ethnologie émergeait sous l'impulsion de " l'Ecole sociologique " d'Emile Durkheim et Marcel Mauss. En Asie du Sud-Est, limitée alors à l'Indochine en ce qui concerne la recherche française, il en était à peine question. Tout au plus quelques explorateurs tel Henri Maitre, quelques officiers des troupes coloniales, quelques voyageurs érudits rapportaient-ils une encore bien maigre moisson de faits ethnographiques. Seules trois figures françaises pouvaient soutenir la comparaison face aux travaux des ethnologues anglo-saxons et hollandais. Parmi elles, Emile Kemlin.
    Le père Marie Joseph Emile Kemlin (1875-1925), de la société des Missions étrangères de Paris, est l'auteur de trois articles majeurs consacrés à la société des Reungao, Proto-indochinois du Viêt Nam central. Ces articles, parus dans le bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient de 1909 à 1917, forment un ensemble remarquable par sa qualité scientifique et sa modernité. On lira et relira avec plaisir et intérêt cette oeuvre qu'il était temps de rééditer.
    Textes réunis et présentés par Pierre Le Roux

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