Cnrs

  • Qu'elle provienne du Canard enchaîné, des Guignols de l'info ou de Dieudonné, la satire frappe et scandalise. Elle bouscule les normes sociales et dérange le politique en usant d'armes singulières?: le comique, l'exagération et la caricature. Distincte du simple pamphlet, elle est d'abord un genre littéraire et artistique dans lequel le satiriste oppose ses valeurs morales à une réalité qu'il juge absurde.
    Les attentats contre Charlie Hebdo de 2015, les polémiques à répétition au sujet de dessins de presse et de certains registres humoristiques révèlent que la satire se situe sur une ligne de crête?: dénonçant les travers de la société ou le ridicule de certains comportements, elle est souvent accusée de mépriser les plus faibles et de tourner en dérision les choses les plus sacrées. En réunissant historiens, juristes, philosophes, politistes, sociologues et linguistes, cet ouvrage offre un large regard sur la pratique satirique, sur les contraintes qui l'entourent et les conditions qui la rendent possible, notamment les contours de la liberté d'expression. Il examine la façon dont la satire se construit entre conventions artistiques et règles juridiques, comment elle a évolué dans ses formes, ses contenus et ses stratégies depuis le XIXe?siècle jusqu'à ses usages politiques récents, en particulier pendant les élections présidentielles de 2017.
    Alors qu'elle doit désormais jouer avec un nouvel «?esprit de censure?», la satire montre qu'elle est depuis bien longtemps l'art périlleux de choisir ses cibles.

    Avec les contributions de Marc Angenot, Paul Aron, Laurent Bihl, Marlène Coulomb-Gully, Laurence Danguy, Philippe Darriulat, Marie Duret-Pujol, Guillaume Grignard, Pierre-Emmanuel Guigo, Guy Haarscher, Olivier Ihl, Dominique Lagorgette, Jacques Le Rider, Nelly Quemener, Denis Saint-Amand, Carole Talon-Hugon, Léa Tilkens, Dominique Tricaud et David Vrydaghs.

  • Bien dormi ? Oui, oui. Au fait, est-ce certain?? Je sais si j'ai bien mangé. Trop ou pas assez. Je sais si j'ai eu trop chaud, ou alors trop froid. Mais ai-je vraiment bien dormi?? Comment m'en assurer?? Je dormais après tout... Jusqu'au XXe?siècle, ce tiers de notre vie était quasiment inconnu. Réglé sur une horloge interne, calé sur la rotation de la Terre, adaptable au besoin. On n'en savait pas beaucoup plus.
    Si nous le connaissons un peu mieux, nous cherchons encore sa raison profonde, sa fonction primordiale. Comment le sommeil et son cortège de rêves ont-ils été appréhendés au fil du temps et des cultures?? Avec quels moyens la science moderne l'explore-t-elle?? Comment distingue-t-on ses différents types ? Pourquoi le sommeil change-t-il au cours d'une vie ? Et que risque-t-on à mal dormir ?

  • Entre la peur et la compassion, entre le besoin de sécurité, de limites et de frontières d'une part, et le sentiment d'un devoir de sauvetage des victimes d'un monde chaotique d'autre part, y a-t-il place pour un principe partagé, universel, qui ferait des migrants, plutôt qu'un problème, une cause pour tous, au sens d'une épreuve qui nous tire en avant, vers la compréhension et le désir d'un monde commun ?

  • Depuis plusieurs années, les animaux sont devenus un sujet sensible. Documentaires, tribunes, pétitions émaillent l'actualité, dénonçant des actes de maltraitance ou appelant à des mesures en faveur des animaux, et prenant à témoin l'opinion publique. Le droit lui-même s'est fait l'écho de ces préoccupations avec l'introduction des animaux dans le Code civil en 2015.
    C'est ce phénomène social, cette nouvelle sensibilité que scrute cet ouvrage, à sa façon aussi engagé que les tenants de la « cause animale ». Spécialiste de la domestication animale, Jean-Pierre Digard nuance, contextualise, passe de la longue durée historique à l'examen des revendications présentes, et balaye bien des idées reçues. De quels animaux parle-t-on ? Que connaissent les urbains de la vie animale ? L'utilisation d'animaux par l'homme n'a-t-elle pas avant tout été un élément déterminant du processus de civilisation ? Et quelles seraient les conséquences d'une « libération animale » ?
    S'il critique et dénonce les dérives des mouvements animaliste, antispéciste et véganien, cet ouvrage n'en reste pas à une telle prise de position. Plus profondément, c'est le rapport des animalistes à leur propre humanité, et leur façon de diaboliser l'homme, qui sont rigoureusement mis en question.

  • Penser ou cliquer ?

    Michel Blay

    Pourquoi renoncer à penser ce que nous sommes au profit du monde plat des circuits électroniques, de la fascination des écrans et des comportements devenus quasi instinctifs imposés par les touches des machines ?

    Sommes-nous encore capables de construire nos existences ?

  • « C'est que du bonheur », s'exclame-t-on désormais communément à tout propos !
    Mais qu'est-ce que le bonheur ? Un désir, une aspiration ? Une disposition d'esprit, une aptitude que chacun posséderait à des degrés différents, l'humanité se divisant entre optimistes et pessimistes ?
    Notre époque, pourtant lourde d'angoisses en l'avenir, semble en effet obsédée par le bonheur. Elle paraît faire de la capacité à être heureux une injonction, un ordre politiquement correct : multiplication de guides et de manuels, créations de clubs et de think tank (« Fabrique Spinoza », « ligue de l'optimisme »), mise en place de travaux de recherche sur le thème (chaire de sciences du bonheur, Nobel d'économie décerné à Angus Deaton pour ses travaux sur bonheur et croissance).
    Ce dictionnaire est donc né d'un étonnement sur la place paradoxale prise par une notion fuyante dès que l'on tente de la fixer historiquement et psychologiquement. Il se veut donc critique. Croisant des points de vue multiples à travers 230 entrées et 92 auteurs, de la philosophie à la littérature, des arts à la sociologie, de l'économie à la psychologie et à la psychanalyse, des neurosciences à l'histoire, etc., il est à la fois instrument de connaissances et invitation à réfléchir sur le contemporain.
    L'enjeu de ce dictionnaire réside surtout dans la volonté de questionner les nouveaux clichés sur le bonheur.

  • L'amour du vin

    Jean-Robert Pitte

    Un sage chambertin qui évoque un sous-bois de feuillus un soir d'automne, un bandol qui nous fait sentir la garrigue chauffée par le soleil du Midi, un champagne qui nous rappelle un corps aimé. Il est peu de matières, d'aliments qui suscitent un tel émerveillement, une telle passion et qui sont aussi ancrés dans notre société. Le vin fait partie de notre histoire, de notre civilisation et de notre culture.
    Face à la montée de la prohibition qui privilégie le principe de précaution plutôt que l'apprentissage d'une consommation responsable, il fallait revenir sur notre relation complexe et paradoxale au vin, sur ses origines, ses liens avec la religion, la santé, l'éducation, le politique... Et sur sa contribution éclatante au rayonnement de la France dans le monde.

  • Dans ce travail d'ethnographie urbaine qui la conduit de San Francisco à la Silicon Valley, de Los Angeles à San Diego, Marie-Pierre Ulloa se penche sur les diasporas maghrébines qui se sont installées en Californie.
    En croisant des voix de différents genres, classes sociales et générations, elle montre comment les Maghrébins vivent le rêve américain dans cet Extrême-Occident qu'est la Californie. Loin des stigmatisations liées au lourd héritage colonial entre la France et l'Afrique du Nord...
    À partir d'une centaine d'entretiens et d'une enquête de terrain allant des mosquées aux salles de concerts, des locaux d'associations aux jardins d'enfants, des festivals aux restaurants « ethniques », Marie-Pierre Ulloa éclaire la construction d'une maghrébinité californienne différente de celle des populations d'origine nord-africaine en France.
    En son sein sont aussi pris en compte les Juifs d'Afrique du Nord qui s'en distinguent, tout en s'y incluant. Outre la gastronomie, ce qui unifie ces populations, c'est la langue française, leur lingua franca avec l'anglais. Sans faire preuve d'angélisme, la vision offerte dans cet ouvrage est celle d'une intégration réussie, sans pour autant occulter les ratés du rêve américain.

  • La Préhistoire fascine, mais que sait-on précisément de cette période mal connue dont l'évocation cède trop souvent à la caricature ? Ce nouveau numéro de la Documentation photographique fait le point sur la lente marche qui a mené à la révolution néolithique : première révolution agricole, transition des communautés de chasseurs-cueilleurs vers l'agriculture et la sédentarisation. Illustré de très beaux documents iconographiques, il permet de mieux appréhender la richesse de cette période

  • Est-il justifié de proscrire le mot « race » de la Constitution ?
    Comment penser qu'en supprimant le terme des textes législatifs, on contribue efficacement à la lutte contre le racisme ? Les préjugés et les comportements racistes sont-ils nécessairement liés à l'emploi du mot « race » ? La délégitimation scientifique du concept de race depuis les années 1970 a-t-elle fait reculer le racisme comme ensemble d'attitudes, de pratiques et de croyances idéologiques ? La lutte antiraciste peut-elle se contenter de modeler son discours sur les derniers résultats de la recherche en génétique, alors qu'il semble exister des « racismes sans race » ?
    La salutaire mise au point de Pierre-André Taguieff explore ces questions polémiques sur la base d'une information exceptionnelle et réellement transdisciplinaire. Elle se distingue par sa rigueur conceptuelle et la clarté de son argumentation là où, trop souvent, règnent la confusion, l'angélisme et la pensée-slogan. L'auteur montre que, depuis les commencements de l'époque moderne, un spectre hante l'imaginaire occidental, tiraillé entre l'idée de l'unité du genre humain et le constat de la diversité des humains.
    Les débats philosophiques et scientifiques sont ici convoqués pour appréhender l'évolution de la pensée occidentale autour de cette notion problématique de « race » et nourrir nos interrogations de citoyens sur les rapports entre le savoir scientifique, la politique et la morale.

  • Il y a dix ans, Steve Jobs présente son dernier-né : iPhone, premier téléphone cellulaire contenant un navigateur Internet, un iPod et un écran tactile multi-touch. C'est une révolution. Depuis, le smartphone a su se rendre aussi indispensable que l'air que l'on respire : on ne l'éteint que forcé et contraint, on ne s'en sépare jamais, au point que certains parlent de pathologie addictive, d'amnésie, d'hyper connexion, de confusion mentale. D'un autre côté, chacun mesure l'étendue des services rendus : communiquer, s'informer, traduire, écouter, lire, écrire, voir, photographier, se localiser, payer, jouer... Le smartphone n'est pas qu'un intercesseur efficace du réel, il est devenu notre point de vue sur le monde. Son rôle de médiateur est tel qu'il finit par adhérer à nous comme une sorte d'artefact organique, sans frontière entre l'outil et son utilisateur.
    Avec l'intelligence artificielle et la 5G, le smartphone augmenté nous dotera de super pouvoirs, mais en aggravant les dangers. Il nous a appris à désapprendre : il fera de nous des assistés. Il vend nos profils au plus offrant : il servira à nous manipuler pour orienter nos votes. Il espionne notre vie privée : il fera de nous les sujets d'un véritable empire de la surveillance. À moins qu'il ne devienne l'instrument d'une nouvelle conscience collective capable de donner leurs chances à la fraternité, à la démocratie directe et à la survie de la planète.
    Enrichi de témoignages, Le troisième cerveau est un essai décapant sur un comportement à risque : notre sujétion aveugle à l'objet fétiche de la culture numérique.

  • Gastronomie, Food tech, santé, big data et génétique sont, entre autres, au menu de cet Essentiel entièrement inédit. Les chercheurs réunis ici nous éclairent sur les comportements alimentaires et les nouvelles pratiques ou tendances qui façonnent, à travers le monde, l'alimentation de demain.

    Depuis quelques années, l'alimentation est un objet de controverses... La communication est devenue cruciale pour comprendre les crises alimentaires (scandales sanitaires, OGM, avaries dans la distribution ou la restauration). Le mécanisme est partout le même : pléthorique et contradictoire, l'information circule à la vitesse de la lumière, elle se déforme, affole ou séduit les mangeurs. Les individus, notamment les « millennials », sont pris entre renoncement et pratiques alternatives, nourris par une défiance croissante envers l'industrie agroalimentaire. Ces médiations mettent les chercheurs au défi de comprendre comment les consommateurs construisent leurs systèmes de confiance et réinventent la façon dont nous mangerons demain.

  • La mort de migrants et de réfugiés tentant d'atteindre les portes de l'Europe par la Méditerranée a mis en évidence les contradictions et la fragilité de l'Europe face aux crises qui touchent le Moyen-Orient et l'Afrique, dans un contexte marqué par une récession économique globale. À travers ses diverses contributions, cet ouvrage rappelle que l'Europe forme, avec la rive sud de la Méditerranée, un espace migratoire régional, où chaque État est pays de départ, d'accueil, de transit, et souvent tout cela à la fois.

    En Méditerranée, trois espaces migratoires se structurent autour de trois types de mobilités : des migrations de travail, des migrations de transit, et des migrations forcées des demandeurs d'asile. L'analyse des pratiques des migrants et des politiques de contrôle de la mobilité dans une région qui constitue l'une des plus grandes lignes de fracture du monde, est au coeur de cet ouvrage.

    En identifiant les éléments de continuité et de rupture, les auteurs interrogent l'évolution des systèmes migratoires sur la longue, moyenne et courte durée, les transformations des formes de mobilité, ainsi que les changements institutionnels, culturels, politiques, économiques et sociaux qui les accompagnent et les déterminent. Ils reviennent sur les effets de frontières, de géographies et d'histoires migratoires, les appartenances et les identités locales, nationales, régionales et transnationales, tout en proposant de dépasser une vision euro-centrée. Un éclairage précieux sur la crise migratoire.

  • La mafia est, d'ores et déjà, très infiltrée dans l'économie légale : pour la seule Italie, on estime son chiffre d'affaires à 135 milliards d'euros. Ce faisant, et c'est ce qui la rend singulière dans la galaxie du crime organisé, elle recherche moins le profit que le pouvoir. Le temps qui passe la renforce : la mafia est une organisation pérenne qui sait s'adapter à des changements majeurs de paradigme - elle a ainsi survécu sans dommage au passage du féodalisme au capitalisme en Sicile ou du socialisme au capitalisme en Russie.

    Sur ce sujet, les économistes sont bien silencieux, car le modèle dominant est incapable de percevoir les caractéristiques du système mafieux. La supposée frontière entre activités légales et illégales, qui présume une homogénéité de chacune de ces sphères économiques, n'est ici plus valable. Il est indispensable, pour comprendre le fonctionnement économique de la mafia, et envisager des formes de luttes efficaces, de développer un cadre alternatif. L'approche proposée par Clotilde Champeyrache est l'approche institutionnaliste, intégrant l'économie du crime et l'économie du droit, indispensable pour comprendre comment le pouvoir mafieux se construit et se consolide dans le temps.

  • Des premiers contacts jusqu'aux rébellions annonçant les processus de décolonisation, Romain Bertrand aborde l'histoire de la colonisation enfaisant appel non plus aux sources produites par les puissances coloniales, mais à celles qui ont été élaborées par les populations colonisées, en les replaçant dans une histoire longue et en prenant des exemples au sein de différents espaces (Afrique, Asie, Océanie, Amérique).

  • Dans le monde post-Guerre froide, l'hybridation est devenue la règle et non plus l'exception, générant des entités inclassables : guérillas marxistes vivant du trafic de cocaïne ; gangsters salafisés ; sectes religieuses vouées au terrorisme ; financiers à la fois spéculateurs et criminels ; paramilitaires mutant en cartels de la drogue... Tous les entrepreneurs du crime tendent aujourd'hui à changer d'ampleur et de forme.
    L'ère de l'hybridation a commencé... Et le terrorisme trouve ainsi des nouvelles sources de financement. Des corps hétérogènes et inconciliables font désormais symbiose. Hier, acteurs « politiques » (terrorisme, guérillas, milices, mouvements de libération) et criminels de « droit commun » (bandes, gangs, cartels, mafias) vivaient séparés dans les espaces et selon les logiques de la Guerre froide : ils fusionnent aujourd'hui sur la même scène violente et prédatrice.
    Jean-François Gayraud livre une analyse lucide et sans concession de ces hybrides qui bousculent toutes les certitudes héritées du XXe siècle.

    « La figure du «prédateur» mondialisé appelle la figure nouvelle du petit criminel global qui se présente souvent sous l'aspect plus «noble» du terroriste. Cet «hybride» prend de multiples aspects que Jean-François Gayraud décline dans une casuistique savoureuse ».
    Jacques de Saint Victor (préface)

  • Particules nocives dispersées dans l'air, zone d'habitation souillée par des déchets toxiques, revêtements intérieurs nuisibles à la santé, perturbateurs endocriniens... Cette actualité alarmante expose notre vie quotidienne à des risques difficilement imaginables. Les catastrophes aux conséquences diverses, si elles font les grands titres de la presse, suscitent des controverses où de nombreux acteurs interviennent : gouvernants, juristes, scientifiques, entreprises, associations et collectifs de citoyens. À quel facteur imputer la ou les cause(s) et selon quelle procédure ? Comment déterminer le facteur décisif ?
    Cet ouvrage donne les clés de compréhension de ces controverses et de leurs enjeux. Comme l'identification des produits nocifs et des seuils de dangerosité pour la santé humaine exigent des interventions relevant de champs différents, biologistes, toxicologues, épidémiologistes, géographes, sociologues, politistes, juristes, philosophes sont ici mobilisés.
    Ce sont en quelque sorte les conditions de l'expertise qui nous sont dévoilées, son parcours, son passage, sa « traduction » et ses blocages entre scientifiques, industriels, et instances décisionnaires ou associations.
    Un livre rare, proprement politique.

  • DOSSIER THÉMATIQUE - PENSER POLITIQUEMENT LA RELIGION.
    ? Déterminations religieuses du régime politique, Giulio Deligio.
    ? Politique et religion : limites de la séparation et illusions de l'autonomie, Pierre Manent.
    ? Christianisme et vie de la cité : quel cadre de pensée ?, Philippe d'Iribarne.
    ? Religion civile, culte public et religiosité privée. Réflexions à partir de Max Weber, Francesco Ghia.
    ? Critique religieuse et critique de la religion. Un défi contemporain, Bruno Karsenti.
    ? Permanence du spirituel, Frédéric Brahami.
    ? Catholicisme et démocratie en Italie à l'heure des changements, Salvatore Abruzzese.

    DOSSIER THÉMATIQUE 2 - LE FAIT RELIGIEUX EN ENTREPRISE.
    ? La participation des travailleurs dans la doctrine sociale de l'Église, Nicolas Aubert.
    ? La ruse de la religion en entreprise, Elisabeth Gressieux.
    ? L'Union européenne et la gestion du fait religieux en entreprise : quelques réflexions sur les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne en date du 14 mars 2017, Thierry Rambaud.
    ? Premier guide mondial de Total sur le fait religieux : une approche pratique et inclusive, Julie Vallat.

  • En France, la question de la citoyenneté occupe une place importante dans les débats publics autour de l'immigration. Ces discussions passionnées sont le reflet des controverses actuelles sur le sens à donner à des valeurs comme « laïcité », « universalisme », « égalité » ou « communauté », et sur la façon dont elles prennent corps dans la réalité sociale et politique.

    Dans quelle mesure ce que les acteurs désignent par les notions de « laïcité » et d'« intégration » a-t-il un impact sur les pratiques institutionnelles ? Est-il possible de réduire la culture de la citoyenneté à l'existence établie d'une culture publique nationale ? Bref, comment comprendre aujourd'hui le « modèle républicain » à la française ?

    À partir d'enquêtes de terrain réalisées dans les institutions publiques que sont l'armée et l'hôpital, Christophe Bertossi offre un regard inédit sur ce qu'est la citoyenneté à la française, en dépassant les oppositions habituelles entre républicanisme et multiculturalisme, laïcité et communautarisme, public et privé, valeurs et pratiques.

  • Conférences internationales, controverses scientifiques et débats médiatiques... l'environnement est devenu un enjeu de communication global.

    C'est à l'étude des différentes formes et évolutions de la communication environnementale, de sa naissance dans les années 1990, sous le coup de catastrophes écologiques à répétition, aux grandes déclarations officielles sans lendemain, que s'attache cet ouvrage entièrement inédit. Du « développement durable » à la « transition écologique », ce nouveau grand récit fédérateur s'intègre désormais dans la démarche marketing des entreprises et dans les politiques des institutions publiques. Il influe sur les positionnements stratégiques des partis politiques et incite à de nouvelles pratiques individuelles. Aux discours de crise axés sur la peur et la responsabilité répond le risque de l'éco-lassitude des uns et de « greenwashing » des autres...

  • Propagande, censure et désinformation d'un côté ; devoir de réserve, secret défense et silence dans les rangs de la « grande muette » d'un autre. Faire la guerre semble condamner la communication des armées à de tels extrêmes. Mais qu'en est-il aujourd'hui, avec l'internet et les réseaux sociaux, l'information continue et les lanceurs d'alerte, et une opinion publique de plus en plus sondée et souveraine ? Parallèlement, la surveillance géopolitique électronique, la numérisation du champ de bataille, l'arrivée des drones, robots et soldats augmentés sur les théâtres d'opérations changent aussi la donne.
    Reste que la guerre engage toujours et avant tout des relations entre des hommes sur le terrain. Elle est aussi profondément un acte de communication pour être d'abord un dialogue rompu, un affrontement avec l'altérité. Avec, comme horizon, à l'heure de la montée des nationalismes et la multiplication des revendications identitaires, un risque croissant d'incommunication.

    Auteurs : Jean-Yves Boursier, Bénédicte Chéron, Didier Danet, Barbara Jankowski, Éric Letonturier, François-Bernard Huygue, Michel Sage, Sébastien Schehr, André Thiéblemont, Daniel Ventre.

  • S'adapter au changement climatique comme au changement global est devenu un objectif vital pour toutes les sociétés. Parfois confrontées de façon brutale à l'exacerbation, en fréquences et en intensité, de phénomènes météorologiques tels qu'inondations, sécheresses ou tornades, elles doivent aussi faire face à l'augmentation des températures et à leurs impacts sur l'équilibre des écosystèmes, l'évolution des espèces, animales et végétales, comme sur le développement des populations humaines, leur condition de vie, leur organisation sociale... Si l'étude des variations du climat au cours du temps montre la capacité des écosystèmes à s'adapter ou à se transformer, l'accélération de certains phénomènes, comme l'augmentation planétaire de la température due aux activités humaines, peut conduire à un point de non-retour. Cet ouvrage, composé d'une cinquantaine d'articles écrits par des scientifiques et experts du sujet, est unique. Il suscite une réflexion sur ce qu'est l'adaptation, et la maladaptation, faisant intervenir plusieurs champs disciplinaires, sectoriels et territoriaux. Tout en montrant les freins et les limites, il témoigne et propose des façons d'agir et de s'adapter.

    Ces contributions viennent en appui à la mise en oeuvre de l'Accord de Paris sur le climat (2015) et en particulier à la COP 23 (23e conférence des Parties de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, à Bonn, 2017), conférence climatique dont l'une des priorités porte sur l'adaptation, tant dans ses objectifs que dans son financement.

    Cet ouvrage est le résultat d'un partenariat entre le CNRS et le Comité 21.

  • Les algorithmes, nourris par des masses de données de plus en plus importantes, sont désormais au coeur de nombreux dispositifs susceptibles d'orienter, voire de prendre des décisions publiques. Le recours aux algorithmes permet d'envisager de réels progrès dans la qualité et l'adaptation des services publics aux besoins des citoyens/usagers, par ailleurs eux-mêmes producteurs de données nécessaires à leur fonctionnement. Tous les secteurs, ou presque, sont déjà concernés : santé, justice, police, sécurité, éducation, etc. Mais à quel prix et avec quels risques ?
    Ce volume propose un panorama critique du recours aux algorithmes dans le secteur public, avec des focalisations sur des applications concrètes et une réflexion sur l'évolution de l'État, des administrations et de la communication entre les citoyens et les décideurs publics.
    La loi pour une République numérique a instauré en 2016 un droit d'information spécifique pour les citoyens concernés par une décision individuelle fondée sur un algorithme. Il convient aujourd'hui non seulement d'envisager les modalités de mise en application de ce droit, mais aussi d'en considérer les aspects collectifs. Comment, dans ce contexte, maintenir et développer les conditions de liberté de choix et d'action des citoyens ?

    Auteurs : Boris Barraud, Bilel Benbouzid, Maryse Carmès, Laurent Carnis, Emmanuel Chazard, Thierry Côme, Jean Deydier, Isabelle Falque-Pierrotin, Clément Mabi, Stéphane Magne, David Monniaux, Pierre Pezziardi, Gilles Rouet.

  • Voir d'un pays « éloigné » offre toujours des perspectives nouvelles et conduit à envisager autrement problèmes et solutions. Dans le contexte des événements tragiques survenus en 2015 et face à la désaffection du politique que connaît notre pays, ce volume fait appel aux regards d'observateurs étrangers généralement peu sollicités dans les travaux et les études sur les banlieues françaises.

    Photographes, journalistes, universitaires ou encore chefs d'entreprise pointent ici les problèmes de fond que les exigences de l'actualité occultent souvent. La banalisation du mot « banlieues » cache en effet des pièges et des maux, mais aussi des opportunités et des réussites que souvent nous ne voyons plus. Cet Essentiel, composé entièrement de textes inédits, présente des regards croisés qui contribuent à élargir notre réflexion et invite à comparer pour imaginer différemment le lien social.


    Auteurs : Francesca Artioli, Marc Berthiaume, Clément Boisseuil, Alec G. Hargreaves, Christina Horvath, Ana Navarro Pedro, Jean-Manuel Simoes, Tyler Stovall, Alain van Vyve, Bernard Wallon.

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