L'observatoire

  • Comment pourrais-je pardonner ? Nouv.

    Rescapé du Bataclan, Victor Rouart dénonce, au-delà de son parcours de reconstruction, le climat de « lâche soulagement » qui règne en France depuis la vague d'attentats, et appelle à un sursaut politique et citoyen contre le terrorisme.
    Victor était au Bataclan ce soir du 13 novembre 2015. Dès le début de l'assaut, une balle de Kalachnikov lui transperce les deux jambes. Il vit le reste de la prise d'otage au sol, au milieu de la fosse de la salle, entouré de victimes. Récupéré par la BRI puis les pompiers de Paris, il passe « à quelques minutes de la mort » selon les soignants. La suite, ce sont de nombreuses opérations, des miracles accomplis par le corps médical, mais aussi des moments de doute, de douleur. Et le début d'une longue méditation : comment, et pourquoi un tel attentat peut-il arriver, en France en ce début de XXIe siècle ? Comment la République a-t-elle pu laisser s'installer une telle tension sur son sol ? Qui sont les responsables ? Dirigeants politiques, journalistes... nombreux sont ceux qui évitent soigneusement d'aborder les problèmes de la société française pour leur préférer un beau récit sur la résilience de la nation. Non, les bougies aux rebords des fenêtres ne doivent pas constituer l'alpha et l'oméga de la réaction d'une nation face à des actes terroristes faisant plusieurs centaines de victimes. Oui, la France ne pourra faire l'économie d'un débat en profondeur sur son identité et ses valeurs, et avec des répercussions très concrètes sur la citoyenneté.
    Réprimer le fanatisme, défendre les citoyens et leur faire justice avec force, lutter contre le communautarisme, ce n'est pas le propre d'une nation belliqueuse, mais d'un pays civilisé.

  • Un an après L'Amour sous algorithme, qui lui a valu le titre de « la Française qui a défié Tinder », Judith Duportail se sent trahie par sa propre science. Ses analyses et conclusions ne l'empêchent pas, elle aussi, de souffrir des « incivilités affectives » de notre époque (du ghosting, à l'orbiting, et autres cruautés désinvoltes 2.0), et de traverser un burn-out émotionnel à force de luttes et d'errance dans le monde post-Tinder.

    Elle s'impose alors une « pause » affective pour reprendre son observation des relations amoureuses contemporaines et nous entraîne dans une (en)quête des liens et relations humaines à l'heure de la fin programmée de l'amour. Au-delà même de la problématique des applications de rencontre ou des réseaux sociaux, comment concevoir aujourd'hui le couple quand on appelle à le déconstruire ? Comment, concrètement, faire respecter ou tout simplement penser son consentement ? Ou même construire des relations égalitaires dans l'intimité quand notre société ne l'est pas encore ?

    Dans un récit intime où le particulier touche à l'universel, Judith Duportail se met à nu et s'observe avec franchise, exi-gence et émotions. Croisant analyses sociologiques, anecdotes et confidences, elle s'empare d'un phénomène affectif contemporain encore trop peu exploré et pose des mots sur les maux amoureux de toute une génération.

  • Pour Jean-Claude Kaufmann, la crise sanitaire est révélatrice d'un possible "? glissement civilisationnel ? " vers une forme de vie plus simple et tranquille, au risque d'abandonner certaines de nos libertés. Les confinements ont été de plus en plus pénibles à vivre pour certains, piégés dans leur appartement surpeuplé, mais pas pour tout le monde. Une majorité de personnes a même trouvé quelques agréments discrets dans le fait de se laisser un peu aller, de dormir davantage, de faire moins d'efforts vestimentaires.
    L'existence toute simple avec les siens, n'était-ce pas là l'essentiel ?? Ces événements ont agi comme un révélateur personnel. Et comme révélateur de tendances longues de notre société, qui nous entraînent vers un désir toujours plus grand de lenteur, de douceur, de silence, de mollesse existentielle, alternative à une société trépidante et exténuante, qui perd parfois le sens de son agitation. Jean-Claude Kaufmann analyse comment l'élargissement continu du pouvoir de décision des individus a fini par accumuler une surcharge mentale.
    Et pourquoi devoir décider de tout, sans cesse, par soi-même, n'est pas une sinécure. Mais serions-nous véritablement prêts à abandonner certaines de nos libertés pour une vie plus tranquille ?? Pour le sociologue, le nouveau pays de Cocagne dont rêvent certains est traversé par des contradictions qui dessinent les enjeux politiques à venir.

  • Printemps republicain Nouv.

    À quelques mois de la présidentielle, le président du Printemps républicain adresse un vibrant plaidoyer pour ces millions de Français oubliés de la République, orphelins d'une gauche républicaine défaillante ou habitants des quartiers populaires en proie à l'islam politique.
    « Depuis cinq ans, je sillonne la France des sous-préfectures, ces territoires oubliés de la République rongés par l'insécurité culturelle, la raréfaction des services publics, le mépris des élites parisiennes.
    Salariés, artisans, petits entrepreneurs, ils ont pensé pouvoir vivre dignement de leur travail en votant pour la droite, et n'y ont finalement rien gagné. Ouvriers de l'industrie, ils ont été trahis par une gauche qui promettait le changement avant de céder face à des logiques comptables. La droite, la gauche, rien n'y fait !
    À ces territoires oubliés, font face les territoires perdus de la République, où règnent le déclassement, l'abandon, l'enfermement identitaire. Là aussi l'exaspération croît. Enfin, je sais la peur provoquée par la multiplication des attentats et les pressions de l'islam politique.
    J'ai entendu toutes ces colères. Et je sais notre pays capable d'y répondre. Une alternative existe ! Il est encore possible de se battre pour la justice sociale et l'égalité sans que ces mots résonnent comme des slogans creux. D'assurer à ceux qui travaillent de pouvoir vivre dignement du fruit de leurs efforts. Mais aussi de garantir le retour de l'ordre et de l'autorité de l'État, et une lutte sans merci contre l'islam politique et le terrorisme islamiste qui minent notre pays. »

  • De tous côtés, nous vivons une crise des limites, celle des ressources énergétiques, des moyens d'imaginer l'avenir, des possibilités d'action. Et si, pour en sortir, l'idée même de limite était à repenser ?

    Abolir ou renforcer les frontières, poursuivre une expansion sans fin ou imposer de nouvelles normes écologiques, respecter ou transgresser la distanciation physique liée à la Covid, instaurer ou non une limitation de vitesse à 80 km/h... partout les limites font débat.

    Entre ceux qui souhaitent les effacer et ceux qui veulent les renforcer, l'impasse est totale. Car tous s'affrontent au sujet des limites, pensées comme carcans par les uns, comme protections étanches par les autres - sans s'interroger sur le sens de la notion, tenu pour évident. Il n'en est rien.

    Monique Atlan et Roger-Pol Droit revisitent cette idée, ses définitions et ses principales représentations au long de l'histoire occidentale. À travers une série de variations, ils montrent combien la limite est décisive, positive, indispensable à l'organisation de la pensée, des sociétés et de la vie.

    Une promenade philosophique qui suggère une salutaire politique des limites.

  • Activiste et entrepreneure sociale dans le secteur de la migration et de l'engagement citoyen, Alice Barbe défend avec force l'inclusion dans la société des personnes migrantes et réfugiées, une formidable opportunité et un engagement humain indispensable.

    « Le monde compte aujourd'hui 70 millions de réfugiés. En 2050, ils seront 300 millions. Comment passer de l'accueil à la cohésion ?

    Entre des hashtags sensationnalistes qui divisent davantage qu'ils n'unissent et un monde politique souvent tenté par les rhétoriques hypernationalistes, les alternatives sont nombreuses. L'activisme n'est pas seulement une utopie, ou un sujet exclusivement réservé aux doux rêveurs. Changer le regard sur les migrants et les réfugiés, qui sont eux-mêmes désireux de contribuer à la société, est possible. Nous avons créé Singa pour vivre et raconter une autre histoire de la migration ; en quelques années, cette communauté de professionnels, entrepreneurs, artistes, ou encore sportifs, a permis, en France, mais aussi désormais à l'étranger, de faire avancer des lois, de créer des milliers d'emplois, de redonner de l'espoir à plus de 50 000 personnes.

    Face aux grands défis du XXIe siècle, nous avons tous le choix : manifester de temps en temps, retweeter des slogans et signer des pétitions. Ou nous engager radicalement et permettre aux génies contemporains de contribuer à notre futur souhaitable. Si je l'ai fait, tout le monde peut le faire. » Alice Barbe

  • Contre les déraisons modernes - collapsologie, cancel culture, essentialisme, identitarisme... -, Perrine Simon-Nahum prône une «?dé-sidération?» urgente grâce à la philosophie.

    La philosophie a-t-elle encore quelque chose à nous apprendre pour nous préparer à affronter le monde qui vient?? Oui, affirme Perrine Simon-Nahum, si l'on rompt avec les pensées apocalyptiques et la guerre des identités qui nous ont exclus de l'histoire. Les premières en faisant de nous les spectateurs passifs d'un futur qui nous accable, les secondes en nous décrivant comme les victimes impuissantes d'un passé qui nous hante. Contre ces déterminismes, l'auteure nous appelle à la «?dé-sidération?», à reprendre pied dans le monde actuel, à «?refaire histoire?».

    Comment?? En renouant avec un sujet acteur de sa propre vie. C'est à partir de la relation que la philosophie doit trouver à se redéfinir. Les liens qui nous unissent les uns aux autres, l'amour, l'amitié, mais aussi le deuil ou la perte?:?ces expériences intimes ne se comprennent que si elles sont vécues dans l'épaisseur d'un présent qu'elles permettent d'infléchir. Elles ne donnent sens à nos vies que si elles trouvent à se prolonger dans des institutions qui traduisent au niveau collectif l'importance que nous donnons à nos engagements individuels. Nous ne sommes pas condamnés à subir le sort que nous réservent les déraisons modernes. Les relations que nous tissons au monde, parce qu'elles sont nécessairement plurielles, parce qu'elles engagent, même au niveau le plus modeste, notre liberté, nous montrent le chemin à suivre.

  • «?À travers ces lignes, je voudrais raconter mon combat, affirmer ma foi dans mon pays, livrer ma vision de ce que le Liban devrait être si nous engagions les réformes qui s'imposent, pour que notre formule unique de coexistence soit viable et vivable.?» Fouad Abou Nader.

    Depuis toujours, Fouad Abou Nader (neveu du président de la République Bachir Gemayel) n'a qu'un seul but?: assurer la survie des chrétiens du Liban, garants de la paix et du vivre-ensemble. Médecin entré dans la résistance armée, devenu commandant en chef des Forces libanaises pendant la guerre, il a combattu les Palestiniens qui menaçaient la souveraineté de l'État et lutté contre l'occupation syrienne. Leader reconnu pour son intégrité et sa bravoure, il est aujourd'hui engagé sur le terrain à travers son ONG Nawraj, qui oeuvre à maintenir la présence chrétienne sur l'ensemble du territoire afin de sauvegarder ce modèle libanais où cohabitent dix-huit confessions - chrétiennes, chiite, sunnite, druze, alaouite...

    Loin de toute idéologie partisane, Fouad Abou Nader apporte un éclairage fondamental sur la situation actuelle du Liban et de la région, et propose des solutions concrètes pour sortir son pays d'une crise économique, politique et sociale sans précédent. Remettant les événements en perspective, il revient sur la désinformation persistant dans certains médias occidentaux qui, trente ans après la fin de la guerre, continuent d'accabler la Résistance libanaise. Et rappelle que la «?question des chrétiens d'Orient?», plus géopolitique que religieuse, concerne autant l'Europe que les pays du Proche-Orient?: il en va de la paix mondiale et du modèle de société que nous laissons se construire ou se déliter.

  • Nos libertés se réduisent sous prétexte de protectionnisme, d'écologie, d'égalité des sexes, ou de santé publique?? C'est que nous le voulons bien.

    Alors qu'elle est sur toutes les lèvres, la liberté individuelle a déserté les lieux. À en juger par l'extraordinaire inflation des règles, lois et autres normes, il n'est plus un domaine qui ne soit régenté par l'État. De l'éducation des enfants à la transmission du patrimoine, en passant par l'assurance, l'échange des données personnelles ou le travail le dimanche, rien n'échappe au contrôle public.

    Pourtant, l'immixtion croissante du pouvoir politique dans les affaires privées n'a rien de totalitaire. Bien que vécue comme une intrusion insupportable, elle résulte de la volonté du peuple qui a fait de l'État le garant de sa sécurité, le promoteur de son bonheur et l'artisan d'une société idéale. Situation paradoxale, qui prend sa source dans une représentation fantasmée d'un État devenu une divinité à même de satisfaire toutes les attentes. À condition qu'on lui sacrifie notre liberté individuelle.

    De cette relation d'amour-haine naissent le populisme, les révoltes sociales et la demande d'autoritarisme qui caractérisent la crise politique actuelle. Face à la menace d'un effondrement de la démocratie, une seule solution?: réinventer un «?mythe?» libéral et remplacer le désir de servitude par un amour inconditionnel de la liberté.

  • L'homme est un animal culturel. Et la France doit être la patrie de la culture. Pour les auteurs, retrouver une ambition en la matière est à la fois une exigence civilisationnelle et une ardente nécessité sociale.

    Christophe Tardieu et David Lisnard sont formels : si la culture ne peut à elle seule remettre la société française sur un chemin vertueux de cohérence et de prospérité, elle peut fortement y participer. Car elle est à la fois une source d'épanouissement individuel, de lien collectif, de dévelop-pement économique, de sentiment d'appartenance locale et nationale, d'utilisation raisonnée des technologies numériques, de transmission. À condition de faire des choix : éducation artistique et culturelle (EAC) généralisée et de qualité, définition et préservation d'un patrimoine culturel français commun, souveraineté face aux GAFA, liberté d'initiatives et responsabilité locales, stimulation de la création, juste rémunération des artistes...

    Face à la crise profonde que traverse notre nation, la culture est une arme absolue.

  • 149 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint en 2019. Une situation qui aurait pu être évitée sans la léthargie des institutions étatiques, assène Luc Frémiot, ancien juge d'instruction et procureur de la République spécialiste de la lutte contre les violences intrafamiliales.

    Victimes silencieuses de leur conjoint violent, les femmes sont trop souvent contraintes de fuir le domicile familial pour des centres d'hébergement précaires, une solution toujours temporaire. Et ce fléau n'épargne pas non plus les enfants, à la fois victimes, témoins et otages d'une violence reçue en héritage.

    Éviction des maris brutaux du domicile suivie d'une prise en charge dans des structures d'encadrement adaptées sous le contrôle de psychiatres et de psychologues, suppression des mains courantes... Luc Frémiot propose des solutions concrètes, qui ont fait leurs preuves, à ce drame qui ne cesse de s'aggraver. Et prévient?: tant que politiques et pouvoirs publics ne feront pas appliquer les dispositions législatives existantes permettant de réduire drastiquement la récidive des auteurs de violences, les statistiques ne baisseront pas.

    Entre incompétence des pouvoirs publics, faiblesse des décisions des magistrats et inertie trop fréquente des forces de l'ordre, les femmes battues restent en effet trop souvent livrées à elles-mêmes.

  • Autrefois, jamais un Corse n'aurait osé dire qu'il n'était pas français. Aujourd'hui, cette objection ne se limite plus aux indépendantistes. Que s'est-il donc passé ? La Corse française ? Jusque dans les années 1970, c'était une évidence. Mais cette époque est révolue et on a désormais l'impression que beaucoup de Corses sont Français malgré eux. Comment en est-on arrivé là ? C'est ce que tente de comprendre dans ces pages Paul-François Paoli.
    En retraçant l'histoire de la Corse et de sa relation complexe avec les "pinzuti" - autrement dit les continentaux -, Paoli porte un regard amoureux mais lucide sur l'île de Beauté, dans sa relation torturée, passionnée, avec la France. Sa thèse est détonante : identitaires plutôt que nationalistes, de nombreux Corses ne reconnaissent plus la France dont ils s'étaient fait une certaine idée, à travers les figures tutélaires de Pascal Paoli, Napoléon Bonaparte, de Gaulle.
    Ils refusent à présent d'être une minorité parmi d'autres dans un pays vaincu par la mondialisation. Dans ce texte à la fois tendre et plein de colère, franc comme un pamphlet mais réfléchi comme un essai, Paul-François Paoli cherche à recréer les liens d'affinités qui s'étaient noués au cours des âges entre la Corse et la France, et donc entre la France et le fil de son histoire.

  • Quand la France bascule dans le confinement le 17 mars 2020 à midi, rien n'est vraiment prêt, car aucun scénario d'anticipation n'a pu imaginer les problèmes qui vont surgir avec la pandémie de Covid-19. Durant cette crise sanitaire majeure, la majorité des Français naviguent entre chômage partiel et télétravail, mais des centaines de milliers de travailleurs du commerce restent à leurs postes. Les voilà devenus des personnels essentiels.
    Des cohues en magasin pour sauver un paquet de pâtes aux bagarres dans des aéroports chinois pour sécuriser l'achat de masques chirurgicaux, en passant par les batailles de communication et les échanges informels avec les politiques, Michel-Edouard Leclerc nous propose une plongée inédite et passionnante dans les coulisses de la gestion de crise. Il nous explique comment cette pandémie aura incontestablement bouleversé le commerce et la consommation, et s'interroge sur la façon dont les entreprises parviendront à retrouver leurs marques, alors que le digital semble avoir bouleversé nombre de leurs repères.

  • Qui n'a pas constaté l'ahurissante propagation du voilement, là où on ne le voyait plus, mais aussi là où on ne l'avait jamais vu ? Pourquoi, comment ce phénomène, qui nous dérange, nous laisse perplexes et impuissants, a-t-il conquis le monde ? La journaliste Chantal de Rudder s'est attelée à en chercher la signification, en retracer la genèse, forte d'un long passé de reportages et d'enquêtes qui lui ont fait parcourir la planète. Théocraties en perte de vitesse vs États multiculturalistes, Orient ou Occident, elle nous infiltre au coeur de pays emblématiques d'une pratique devenue commune, à un tournant de l'histoire.

    En Iran, premier pays à avoir fait du voile une obligation légale - il fut inscrit dans la loi en 1979 -, des femmes arrachent aujourd'hui leur tchador, autrefois symbole d'une révolution qui changea la face du monde ; en Arabie, qui dépensa sans compter pour exporter son islam rigoriste sur toute la planète, les Saoudiennes ont le droit de conduire, de travailler, de porter le voile « à la cool » : vérité ou leurre ? Pourquoi le Danemark, démocratie tolérante sans passé colonial ni conflit avec des États musulmans, est-il le pays des caricatures de Mahomet et un avant-poste du combat contre l'islamisme ? Comment la Belgique, petit royaume prônant la « laïcité pluraliste », est-elle devenue, au fil des décennies, la matrice du terrorisme islamiste sur le vieux continent européen ignorant et cupide ? Et que dire de ces pays occidentaux, États-Unis en tête, où fleurit le courant islamiste décolonial diabolisant l'universalisme des Lumières, dénoncé comme raciste et destructeur ?

    Derrière le voile, se cachent luttes et chaos de l'histoire contemporaine. Ce bout de tissu raconte les rapports difficiles entre les religions, entre les cultures, entre les sexes, entre les êtres humains...

  • La pandémie le prouve?: rien n'est plus essentiel à nos sociétés qu'une industrie pharmaceutique innovante. Mais mettre à disposition des vaccins et des médicaments n'est qu'un des aspects de sa responsabilité. Comme en témoignent les débats soulevés au cours de la crise de la Covid-19 et autres scandales sanitaires, les laboratoires doivent aussi honorer le contrat qui les lie à la société?: produire de la santé publique. Égalité devant les traitements entre pays du Nord et du Sud, gestion vertueuse des stocks, exigence écologique pour lutter contre le gaspillage, les émissions de gaz à effet de serre, les résidus polluants... et même besoin de sens sont aujourd'hui réclamés par toutes les populations du monde. Or, le modèle grâce auquel les big pharma ont construit leur fortune se révèle inadapté pour répondre à ces attentes. Les industriels sont donc à la croisée des chemins. Quels choix se présentent à eux??

    Professionnelle de l'industrie pharmaceutique pendant plus de vingt-cinq ans, Nathalie Gimenes propose une analyse inédite de la raison d'être de ce secteur au coeur de l'actualité. Elle montre que sous l'impulsion d'une volonté partagée de tous les acteurs de la chaîne, une économie plus coopérative, plus égalitaire et plus écologique peut se développer, et devenir l'un des fondements d'une véritable et nécessaire Europe de la santé.

  • Face aux séparatismes et à la lâcheté de nombreux décideurs, Lydia Guirous plaide pour une réponse politique forte et courageuse : l'assimilation républicaine.

    Les polémiques autour de la question de l'islam et des revendications identitaires des jeunes de confession musulmane sont incessantes et lassantes. Au même moment, l'indigénisme, le racialisme, le décolonialisme, l'intersectionnalité gangrènent les lieux de savoir et d'influence... Infusés dans les esprits, ils diffusent le poison de la haine de notre pays.

    Ne nous voilons plus la face : l'« intégration » est un échec, qui nous renvoie au délitement de nos liens républicains et à une inéluctable désintégration sociale et sociétale. Il nous faut résoudre collectivement ce problème majeur pour que la France reste la France et que chacun s'y sente à sa place, uni, en toute égalité et patriote. La solution ? L'assimilation. Tabou dans le débat public, totem que l'on laisse lâchement à l'extrême droite, elle est un appel au sursaut plutôt qu'à la résignation face à la montée du communautarisme islamique.

    Ce livre invite à rompre avec ce tabou qui nous paralyse. Celui de la peur d'assumer une nécessaire assimilation républicaine pour être pleinement français. N'oublions pas : l'intégration réussie s'appelle l'assimilation, l'intégration ratée, le communautarisme.

  • La crise sanitaire voit nombre de praticiens devoir prendre des décisions inédites, engager leur responsabilité, faire face au doute. Mais ont-ils pour autant le droit à l'erreur ?? Que doivent-ils faire quand celle-ci se produit ?? Des questions encore taboues, dont les réponses imposeront au monde médical de profondes mutations. Au cours d'une opération bégnine, Eric Vibert, expert reconnu de la chirurgie du foie, commet une erreur, sans s'en rendre compte, qui entraîne sur son patient nombre de complications inattendues.
    Il réalise alors qu'il est temps de changer le rapport des praticiens à leurs erreurs. Tous gagneraient à les communiquer, les comprendre afin d'éviter qu'elles ne se reproduisent. Or, ce n'est pas ainsi que fonctionne le monde médical. C'est même, en l'état actuel, contraire à la pratique. Le manque de transparence règne en maître. L'erreur est passée sous silence, rarement analysée, jamais enseignée.
    Pourtant, n'est-elle pas inévitable ?? Tout simplement humaine ?? En associant à cette réflexion inédite le récit de ses expériences au bloc opératoire, le professeur Vibert brosse le portrait d'une profession en quête de progrès. Et milite pour que le sacro-saint système de mandarinat qui rend souverain le corps médical soit enfin entièrement réinventé. La perception qu'ont eue les Français de ce doute omniprésent depuis des mois aurait assurément été différente si ce droit à l'erreur avait existé.
    Avec courage, humilité et une remarquable compétence, l'auteur pose les termes de ce débat citoyen, et invite à repenser la place du chirurgien et plus largement des praticiens dans notre société.

  • Les vertus du temps : éloge de la prescription Nouv.

    A l'heure où de plus en plus de voix s'élèvent contre le principe de prescription, Marie Dosé, pénaliste réputée, remet les pendules à l'heure : principe fondamental garant de l'état de droit, la prescription demeure le plus sûr rempart contre le basculement de notre société dans la tyrannie de l'individu.
    Décriée de toutes parts, la prescription est désormais perçue comme un outil d'impunité permettant aux criminels d'échapper à leur responsabilité et, de ce fait, comme une injure faite à la douleur des victimes. Ignorant l'inéluctable dépérissement des preuves, les récentes réformes qui visent à allonger les délais de prescription ou à retarder le point de départ de ces délais ont rendu certains crimes de nature sexuelle quasi-imprescriptibles, au risque de voir se multiplier les décisions de classement sans suite, les relaxes et les acquittements.
    A travers l'évocation d'affaires judiciaires au fil des décennies, Éloge de la prescription vient au secours de ce principe fondamental qui demeure le rempart le plus sûr contre l'arbitraire et la vengeance éternelle.
    Parce qu'elle sert les intérêts de la société tout entière en interdisant à l'homme mortel de conserver une haine immortelle, ainsi que l'écrivait Homère, la prescription n'a jamais été aussi indispensable à une société qui, devenue dangereusement « hypermnésique », répugne à prendre en considération les vertus du temps.

  • Printemps 2020 : dans les grandes métropoles, les services hospitaliers sont sous tension, la mortalité élevée, les habitants exposés. Pour autant, les campagnes affrontent, elles aussi, le confinement. Loin des clichés sur leurs tranquilles espaces verts et leurs résidences secondaires, les zones rurales et les petites villes souffrent de la crise. Les jeunes isolés ne peuvent préparer la rentrée ; les agriculteurs se démènent pour nourrir le pays ; le chômage menace ; les élus locaux déploient des solutions de terrain malgré les défis structurels de leurs territoires, parmi lesquels la fracture numérique, les déserts médicaux et le retrait des services publics.

    Cette immersion dans la France éloignée des centres de décisions donne la parole aux hôteliers de Lozère, aux employés de lotissements pavillonnaires de la Nièvre, aux ouvriers ruraux de l'Ardèche, aux chômeurs des bassins miniers, aux petits patrons d'Ille-et-Vilaine ou aux fonction-naires de l'Allier. Demain, la France des « invisibles » sera-t-elle enfin prise en compte ? Sera-t-elle au coeur de la relance du pays ?

    Véritable plongée dans cette France au confinement dis-cret mais touchée de plein fouet, ce livre propose un autre point de vue sur la crise sanitaire et économique et fait entendre le désarroi et les attentes de nos territoires.

    Préface de Nicolas Mathieu, prix Goncourt 2018

  • L'économiste Nicolas Bouzou défend avec force les nouvelles formes de relations amoureuses et de procréation qui, loin de tuer la famille, en font la valeur sûre de demain.

    Le capitalisme de l'hyperchoix fait de nous des enfants gâtés ne supportant plus la frustration ; des consommateurs, des employés, des électeurs structurellement infidèles. D'où notre difficulté à vivre en couple - cette institution qui encadre notre liberté et gêne notre individualisme - et le succès des applications de rencontres. Sommes-nous pour autant condamnés à l'infidélité et au divorce ? Faut-il être célibataire pour être heureux ?

    La PMA, la GPA et surtout l'extraordinaire progrès des biotechnologies modifient également notre rapport aux enfants et la façon dont nous procréons. Existe-t-il pour autant un risque d'« enfants sur commande » ? Ou au contraire une peur de procréer et un déclin démographique ?

    Mêlant économie, démographie et philosophie, Nicolas Bouzou démontre que la liberté sexuelle, l'extension de la PMA et la génétique nous offrent de nouvelles opportunités pour construire des familles basées sur l'amour. Dans cette période de destruction-créatrice inédite par son ampleur et sa vitesse, le couple et la famille sont peut-être même la « maison » la plus solide et la plus rassurante qui soit. Les conservateurs inquiets peuvent être rassurés : la famille résiste à tous les assauts. La modernité ne la tue pas, elle la renforce. Le XXIe siècle pourrait être celui de l'« amour augmenté ». C'est entre nos mains.

  • « L'avantage de l'âge - il y en a - est que le sentiment de liberté ne cesse de s'accroître, comme si l'on redoutait inconsciemment de gâcher une matière politique périssable. D'où ces souvenirs d'un vieux chroniqueur ».

    Lecteur insatiable, Alain Duhamel rêvait de devenir historien, mais un stage au Monde déclenche sa vocation : il sera journaliste. Dans la France bouillonnante des années 1960, ses éditoriaux sur les élections présidentielles, les événements de Mai 68 ou l'Europe sont déjà remarqués pour leur sérieux. La télévision, au moment où elle accueille le spectacle politique, appellera ensuite l'homme qui a interviewé cent fois Présidents et Premiers ministres : ce sera « À armes égales », « Cartes sur table », « L'Heure de vérité », « Le Club de la presse », et bien d'autres.

    Être l'un des éditorialistes les plus lus et écoutés des Français et les plus craints des hommes politiques a un prix : critiques injustes et tempêtes accompagneront le parcours d'un homme fidèle à son exigence et à son honnêteté intellectuelle. Dans ce livre d'une sincérité frappante défilent soixante ans de vie politique et d'épisodes professionnels dont Alain Duhamel extrait de ses carnets les secrets, la grandeur, les drames et une analyse qui compte parmi les plus influentes et respectées de la presse française.

    Journal d'un observateur est son livre le plus personnel.

  • « Je ne suis pas une bourgeoise, j'appartiens à cette catégorie qui dérange autant les nantis que les classes populaires : les parvenus. La preuve vivante que la mobilité sociale existe et que chacun est le premier responsable de sa vie. Selon moi, on aide mieux les gens en les coachant qu'en les plaignant. J'ai pu le constater des centaines de fois dans mon métier puisque j'ai voué ma vie à aider les entrepreneurs en difficulté, notamment pendant la crise sanitaire.

    Ce sont ces histoires que je veux raconter, les seules à même d'insuffler à nos compatriotes une espérance solide et le goût du lendemain. En apprenant à compter d'abord sur leurs propres forces et à condition d'identifier leurs faiblesses et leurs richesses, et de tirer les leçons de leurs échecs. Notre pays s'appauvrit à force de se prendre en pitié. J'ai écrit ce livre pour tous ceux qui, comme moi, préfèrent l'action aux regrets. » Fin de l'État-providence absolu, lutte pour la responsabilité et la solidarité, défense de l'« entreprise France » sont les maîtres mots de cet essai engagé et incarné, plein de foi en l'avenir de notre pays.

  • « Voici le moment d'une pause. Avant d'aller plus loin. Qu'ai-je voulu dire en 80 romans, essais, pièces de théâtre, biographies, mémoires ? Ai-je fait oeuvre d'écrivain ? Mes concepts et prévisions ont-ils été, sont-ils, utiles ?

    Frédéric Taddeï a bien voulu se prêter à la lecture rigoureuse, exigeante et critique de l'intégralité de mes livres, d'en chercher les conclusions, d'y déceler les failles, et d'en décrypter le lien avec mon action. J'ai aimé lui répondre. Parce que rien n'est pire que le narcissisme et rien n'est plus salutaire, pour soi et les autres, qu'un exercice d'autocritique ».

    Jacques Attali

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